Mexico City et sa vallée

Voilà près de deux semaines que nous parcourons le nord du Mexique à la découverte de ses habitants, son histoire, sa culture, ses paysages, un véritable déracinement pour nous. Ce qui fait la gloire de ce pays ce sont d’un coté ses plages et fonds marins, d’un autre sa nourriture et épices, mais aussi et surtout ses temples et sa culture précolombienne. Et Mexico City sa capitale, est l’endroit parfait pour s’y initier.

Site archéologique de Teotihuacan, Vallée de MexicoMexique

Avant notre entrée dans la capitale nous faisons escale à Teotihuacan. Enfin, nous pénétrons sur notre tout premier site aztèque. Cette civilisation, anciennement présente majoritairement dans la partie nord et centrale du Mexique, était très en avance sur son époque et régna en maitre jusqu’à l’arrivée des Espagnols. Ils avaient une particularité, tous les jours ils devaient sacrifier un humain en lui arrachant son cœur encore battant afin que le soleil continue de se lever. Un peu barbare, mais ça fonctionnait, donc ils continuaient.

Il y a une chose importante à retenir lorsque l’on vient visiter un temple, se lever tôt afin d’être le premier sur le site et ainsi éviter la foule et les vendeurs ambulants. En respectant cette règle, nous profitons ainsi des premières lueurs du jour en haut du temple du soleil. Parfait pour s’imprégner de l’ambiance et s’initier à la méditation. Le petit plus qui nous attend, en ce jour de grand soleil, est un départ d’une multitude de montgolfières multicolores qui sillonnent le ciel, rendant ainsi le paysage hors du commun.

Site archéologique de Teotihuacan, Vallée de Mexico, Mexique

Les trois heures de visite sont enrichissantes et bluffantes pour nos yeux de néophyte. La symétrie des bâtiments, les ornements, les sculptures, les fresques, ici tout à une raison bien définie et peut-être relié à une divinité et plus particulièrement au Soleil. Ces constructions datent en partie de 200 av. J.-C. et ont conservé une réelle âme, bien que les couleurs en est disparues. À son apogée la ville comptait plus de 500 000 habitants, faisant d'elle le plus grande cité de son époque. Nous sommes complètement imprégnés dans l’univers jusqu’à ce qu’une horde de ces fameux vendeurs viennent perturber notre immersion à coup de sifflet imitant le cri du singe ou encore du jaguar. Nous voilà arrivés au zoo. Il est temps de partir, de toute manière, à partir de onze heures il est difficile de circuler au soleil tant la chaleur est accablante.

Site archéologique de Teotihuacan, Vallée de MexicoMexique

Notre baptême étant fait, il est l’heure de pénétrer au cœur de la grande cité, là où tout a commencé, nous avons nommés Mexico City ou D.F. (Districto Federal) pour les intimes. Pour ces trois prochains jours, nous serons hébergés par Nataly, une Chilienne en postdoctorat en langue latine. C’est donc tout naturellement que nous résiderons dans le quartier universitaire. On ne s’éternisera pas sur la mauvaise expérience que cela put être. Pas question pour nous d’épiloguer sur le fait qu’elle fut une hôte exécrable, sans aucun sens de l’hospitalité et que nous dûmes dormir dans la voiture, en bas de sa fenêtre, ni de raconter que ses voisins ont forcé la voiture pendant que nous visitions la ville, pas plus sur le faite qu’elle refusait de parler avec Hélène, car elle ne maîtrisait pas assez l’espagnole à son goût. Non, ce n’est pas notre genre de faire des procès à charge sur quelqu’un qui n’a pas de droit de réponse. Sur ce, dès nos premiers pas dans la ville, très vite, nous nous rendons compte que la ville est gigantesque et que les transports en commun devront vite devenir nos meilleurs amis. Sans eux difficile de se rendre aux quatre coins de la ville et de visiter les quartiers de la taille d’une ville standard.

Nous savions que Mexico regorgeait d’endroits insolites, de lieux culturels, de places typiques, nous sommes servis. Le musée d’anthropologie tient toute sa réputation. Nous en apprenons beaucoup sur tous les peuples natifs mexicains. Petit plus, il cache un trésor, le calendrier maya, le seul et unique, qui, tout compte fait, après explication d’un guide, s’avèrera être plutôt un repère chronologique dans le temps. Autre lieu autre ambiance, le château de Chapultepec sur les hauteurs de la ville. En plus d’une vue imprenable sur tout Mexico, il fut à tour de rôle la maison du gouverneur espagnol, du président mexicain, un collège militaire et maintenant musée national.

Un des endroits les plus symboliques est la plaza de las tres culturas. Ce lieu représente ce qu’est DF. Un mélange de trois styles architecturaux à travers le temps. D’une part la culture Aztèque, avec ses ruines, ses temples, d’une autre part la culture espagnole avec ses conquêtes, ses grands édifices coloniaux et pour finir, la culture moderne avec ses hautes tours de verre et métal. La place fut le témoin d’un tragique évènement en 1968, le massacre d’étudiants venus manifester, qui fit près de deux-cents morts.
Notre dernière visite culturelle de la ville n’est autre que le musée de Frida Kahlo, niché dans le quartier bohème de Coyoacan. On y découvre et redécouvre sa vie, son œuvre, sa souffrance. Un très bel endroit qui respire encore la magie et la fusion du couple Kahlo/Rivera. Véritable icone du pays, on retrouve l’empreinte Diego Rivera au travers de ses fresques à divers endroit de la ville comme l’université, mais aussi le Palacio Municipal.

Durant notre visite nous avons aussi profité des nombreux quartiers animés. Là aussi, il y en a pour tous les goûts. On y retrouve même un coin d’Europe à Condesa. Épiceries fines, restaurants, nous voilà revenus à Paris, Rome, Londres. Un paradis pour ceux qui ont le mal du pays. On préférera Coyoacan pour son ambiance artistique, ses marchés, sa musique de rue et son calme. Le centre-ville historique, quant à lui est animé, très animé. Dans les rues c’est un bazar géant, ambiance braderie de Lille avec ses vendeurs ambulants, sa musique, ses marchés, le tout se mêlant à une architecture d’un autre temps et des ruines aztèques. Un joyeux mélange. Nous irons profiter de la vue sur le zócalo et de l’opéra qui s’y jouait dans un des bars surplombant la ville, un beau spectacle. On aura essayé de se rendre à Xochimilco pour aller y faire un tour de gondole pour y visiter ses canaux, mais tout était fermé. Nous n’aurons donc pas la chance de vous conter l’histoire de l’ile aux poupées (isla munecas). Il ne vous reste plus qu’à vous y rendre et d’en découvrir la vérité sur ce lieu hors du commun, enfin si vous l’osez. Autre place au combien renommée puisqu’elle rassemble la plus grande concentration de mariachis du pays, à toutes heures du jour et de la nuit, des groupes jouent et dansent animant ainsi bar et restaurants alentours.

En fanatiques des marchés que nous sommes devenus depuis notre arrivée au Mexique, nous prenons tout naturellement la direction du plus grand marché du pays, le Mercado de la Merced. Pour cela il nous braver des obstacles que nous n’avons pas l’habitude de rencontrer pour nous rendre dans un tel lieu. Tout d’abord la chaleur accablante et omniprésente de la ville, sans parler de son trafic et donc sa pollution. Puis on enchainera avec un mini tremblement de terre, dont nous ne nous rendrons même pas compte, même si le fait que, d’un coup, toute la ville s’arrête, que les gens sortent des magasins et que les hurlements des vendeurs s’estompent, aurait pu nous mettre la puce à l’oreille. Finalement on s’avérera plus déboussolé par enchaînement des filles de joie qui jalonnent ledit marché, côtoyant les badauds et enfants venus faire leurs courses. Si l’on met de côté tout ce folklore, le marché est à l’image de la capitale, immense, en bordel, bruyant et animé. On y trouve de tout. Pour nous, on se contentera d’un énorme taco à 2$ qui suffira amplement à nous caler à deux, même si les légumes à « volonté », ou du moins c’est ce que l’on pense avoir compris, auront aidé à assouvir notre faim.

Notre escale à Mexico a aussi été marquée par des retrouvailles, ratées pour ce qui est d’Alex notre ancien voisin de Montréal, mais réussies, avec Santiago et Pauline un couple d’amis de Romain rencontrés au Pérou il y a quelques années dans le cadre d’un échange universitaire à Lima. Ils nous auront fait découvrir leur quartier, leur nouvelle vie au Mexique. Les emplois du temps ne concordant pas toujours nous n’aurons pas passé assez de temps avec eux à notre goût, mais un autre rendez-vous est donné, cette fois en Colombie, pays natif de Santiago, où un somptueux mariage s’annonce !

On ne pouvait quitter Mexico sans assister au spectacle populaire qui anime toutes les générations, la Lucha Libre. Pour notre dernière soirée nous enfilons nos masques direction l’Arena Mexico pour vibrer au son des luchadores. On ne savait vraiment pas à quoi s’attendre ni même si on allait être pris par l’atmosphère ambiante. Et bien, autant vous dire, on s’est marré ! Un vrai show. Une ambiance de folie, les « puta madre » volent à tout va. Les lutteurs sont de vrais acteurs, chacun tient un rôle auquel il se tient. C’est sûr, un incontournable de la ville.

Combat de Lucha Libre, Arena de Mexico,  Cuauhtémoc, Mexico City, D.F, Mexique

Mexico nous aura surpris, diverti, son animation permanente, son architecture hors norme. Son mélange de styles nous aura conquis. Le choc civilisationnel est, pour nous, habitués aux petites villes ou à la nature, rédhibitoire. Ces heures et heures passées dans les transports en commun, cette pollution pesante mêlée de chaleur, sont quelque chose dont notre corps de voyageurs aux grands espaces n’a pas eu le temps de se réhabituer pour assez bien profiter de la ville en toute sa splendeur. Trois jours c’est court pour certains, long pour d’autres, pour notre part, la ville demanderait une deuxième entrevue, peut-être en se focalisant plus sur des quartiers plutôt qu’à courir dans tous les sens à vouloir tout voir, tout faire, au risque de se bruler et de ne pas savourer l’atmosphère. Comme Los Angeles, on reste sur notre faim, mais l’on reviendra, quizas…