Seattle, plein les jambes, plein les narines

Seattle, la ville de la série Grey’s Anatomy, de Microsoft, du grunge et de la création du Starbucks Coffee. C’est à peu près tout ce que l’on savait sur cette ville avant d’y mettre les pieds. Des fois ce n’est pas plus mal de se laisser surprendre par les aléas du voyage, car chaque visite s’avère une nouvelle surprise.

Pour accompagner votre lecture, voilà un classique de la ville, Nirvana.

Seattle vue de Kerry ¨Park, WA, USA

La ville se compose de sept vallées de part et d’autre de l’agglomération. Nous prenons malgré tout la vaillante et courageuse décision d’utiliser notre moyen de transport urbain préféré, vous l’aurez deviné, le vélo libre-service. Petite particularité, ici les casques sont obligatoires, mais VRAIMENT obligatoires, pas comme en France… Après s’en être passé pendant près d’une heure, on se rend compte que l’on nous dévisage, aucun cycliste n’en est dévêtu.

Vue de Seattle sur le ferry au départ de Bremerton, WA, USA

On commence donc cette nouvelle exploration urbaine casquée au Kerry Park. Mi-cycliste mi-piéton, car le système en question est encore tout neuf et pas développé dans toute la ville, et que, de toute manière, monter les collines en vélo, ce n’est pas évident avec une bête de quinze kilo entre les jambes. Kerry Park donc, surplombe la ville offrant une vue sur la skyline avec la Space Needle, Elliot Bay et avec en plan final sous la brume, on devine le majestueux mont Rainier qui culmine à 4323 mètres et son dôme enneigé. Juste le temps de redescendre les innombrables marches pour rejoindre le front de mer. On se rend jusqu’à Olympic Sculpture Parc qui, comme les plus perspicaces l‘auront deviné, est un parc de sculptures qui jalonnent le sentier littoral. On se balade jusqu’à Seattle Center, lieu qui a hébergé en 1962 l’Exposition Universelle. L’ensemble des bâtiments a conservé sa vocation culturelle et abrite maintenant théâtres, salles de concert, musées futuristes dont l’exposition EMP (Experience Music Project). La file d’attente pour grimper au sommet de la Space Needle nous rebute, de toute façon on a un bien meilleur plan secret pour admirer la vue sur la ville, mais ça, c’est pour plus tard !

On passe enfin aux choses sérieuses, le lieu que l’on cherche à chaque arrivée en ville, village, hameau, le marché ou farmer’s market ! Pike Place Market est un incontournable de la ville. C’est le ventre vide, les naseaux en alerte et l’appareil photo en bandoulière que l’on déambule entre les fleuristes, poissonniers, bouchers, fruitiers ; sans oublier les caves à vin, cuisine du monde et bien évidemment le premier Starbucks du monde de la terre où une file d’attente ridiculeusement grande s’étend à l’infini... En tant que «blogistes culinaires chevronnés » que nous sommes, on s’arrête à chaque stand y chercher des dégustations de produits locaux. Yaourt crémeux aux fruits sublimement frais, jerky de bœuf et saumon fumé, fudge au chocolat, épicerie fine italienne avec pesto de cajou et huile de truffe, fruits en tout genre et pour le dessert, petite légèreté, une sorte de strudel aux pommes aromatisés à la cannelle, le tout préparé sous nos narines ébahies. On pourrait y passer la journée, mais après un énième passage dans la boutique de glace, on décide de décamper et reprendre nos vélos, sous l’œil soulagé de la vendeuse qui venait de nous resservir pour la douzième fois...

Pike Place Market, Seattle, WA, USA

Tranquillement nous nous dirigeons vers la voiture en passant par les quartiers de Pionner Square et International District. Enfin plutôt rapidement que tranquillement à vrai dire, n’ayant pas trouvé de parking gratuit on a laissé la voiture au stationnement d’un McDonald. Soulagement, la voiture est toujours là, garé sous le panneau [Customer Only – Towing], elle nous attendait sagement, avec sa douche solaire percée et fuyante sur le toit et sa plaque Québec, Je Me Souviens.

On se rend à Capitol Hill pour y descendre Broadway. Le quartier est très animé et les odeurs de BBQ et ses gens en terrasse nous font saliver. On s’en moque, comme on vous l’avait dit nous avons d’autres plans pour ce soir, et pas n’importe lesquels. Détour par une microbrasserie pour y remplir notre habituelle jarre de deux litres puis on s’arrête, un peu au hasard il faut le reconnaitre, dans un des parcs bordants le Lake Union. Et là, Bim-Bam-Boum, des étudiants en maillots multicolores qui jouent à la teck à côté d’anciennes usines de traitement de gaz maintenant désaffectées où la végétation a repris son dû, avec en fond Seattle sa skyline, son port et ses collines. What Else… ? La popote et la jarre sous le bras, on vient se poser dans l’herbe pour y admirer la tombée de la nuit. Un groupe de percussionnistes avec des jongleurs et des bolasses jouent (pour nous) accompagnant ainsi un nouveau repas mode comidatrip. Cette atmosphère nous rappelle nos  bien-aimés dimanches TamTam de Montréal...

Seattle by-night vue du Gas Works Park, Seattle, WA, USA

Le lendemain c’est reparti pour un tour, sans vélo cette fois-ci. Les collines de la ville auront eu, en partie seulement, raison de nous. On se gare donc à Fremont connu pour son art rue. Des fresques et sculptures décorent les rues, avec plus ou moins de réussite, mais on notera l’effort des riverains pour égayer leur quartier et laisser place à leur imagination. La suite a lieu à Ballard, le quartier hipster/pécheur/norvégien de la ville. Hipster, on a du mal à se rendre compte, il faut dire qu’à 10 h du matin la plupart des bars (pour le plus grand malheur d’Hélène) et des restaurants également (pour celui de Romain) sont fermés. Malgré tout l’ambiance y est avec ses boutiques vintage et ses habitués au café du coin, tatouages sur les avant-bras, bonnets vissés sur la tête malgré le soleil et chemises carreautées. La pause gourmande cappuccino/brownies n’en est pas moins savourée.

Le quartier est au bord du Sammaminsh, affluant du lac Washington. On se promènera dans les écluses (locks) y regarder les bateaux, et les énormes saumons tentant de remonter le courant. Norvégien, là on ne sait pas quoi vous dire, on a bien vu un ou deux drapeaux, mais notre exploration s’est arrêtée là.

Nous passerons le reste de la journée à Discovery Park pour une balade le long de la cote. Promenade brutalement interrompue par un crachin breton qui se transformera vite en averse. Une fois la météo plus clémente on remonte au Kerry Park, en voiture cette fois, y profiter de la vue sur Seattle by-night. Du monde partout, on avait oublié que l’on était vendredi et que les gens normaux aiment bien sortir les fins de semaine. Faut dire que nous on perd un peu la notion du temps, des jours, et c’est bon signe, soi-disant… Quelques photos, de plus ou moins bonnes factures, et un repas sous la pleine lune plus tard et s’en est fini de Seattle pour nous. Le jour suivant c’est la tempête. Pluie, vent, froid accompagnent notre dernière journée. On se réfugie donc tout naturellement, dans notre QG, le Starbucks, ses prises, ses fauteuils en cuirs et sa connexion internet.

Le phare de Discovery Park, Seattle, WA, USA

Il est temps de faire le point, On va où ??! On fait quoi ??!
Yellowstone et son parc à couper le souffle, unique au monde, ses bisons, et ses 2500 km de détour…
Portland, la Montréal d’Amérique selon les ouïes dire, la côte ouest et ses PAS 2500 km de détour…
Choix cornélien s’il en est….