À la rencontre de la Péninsule Olympique

Tout a commencé par un coup de cœur. Depuis Vancouver Island, ces montagnes enneigées n’ont cessé de nous intriguer. C’est décidé, plutôt que de se rendre à Seattle par une route quelconque, on traversera la frontière en bateau pour commencer notre seconde partie de périple américain par ce parc. On fait donc grimper notre beau 4x4 rouge dans le ferry pour nous rendre à Port Angeles, ville étape pour arriver au parc. Après le bus, la voiture, l’avion, on traverse maintenant la frontière américaine en bateau ! What’s next ?

Hurricain Ridge, Olympic National Park, WA, USA

Le parc, bien que méconnu du public, au moins de nous, est à l’extrême ouest de l’état de Washington. En gros, le plus au nord-ouest possible des États-Unis. À l’ouest du parc des plages menant à l’océan pacifique, au sud-ouest des « Rain Forrest », ce sont des forets tropicales mais en milieu tempéré, spécifique à cet endroit, et au centre, ces fameuses montagnes. Par choix, entre subi et assumé, on se concentrera sur ces dernières.

Après une route en lacets qui nous fera monter à Hurricaine Ridge où chaque virage nous offre un nouveau point de vue sur ces monts imposants, nos poses photos sont brutalement stoppées par une famille d’élans traversant la route. Sans doute attirée par la beauté fatale d’Hélène, ou peut-être par le fait qu’après plusieurs jours sans douche on commence à sentir comme eux, néanmoins, chacun des élans de la famille vient individuellement nous saluer. Nous voilà enfin au sommet ! Presque pas besoin de faire de randonnée, la vue au sommet est époustouflante. Un panorama à 180°. Des montagnes aux sommets enneigées, aux flans verdoyants, en passant par les prairies d’altitude couleur paille, tout y passe. Nous voici donc face à ce qui nous narguait depuis maintenant plusieurs semaines, et de près elles paraissent encore plus impressionnantes.

High Ridge Trail, Hurricain Ridge, Olympic National Park, WA, USA

Passé ces moments de contemplation, on prend la popote et le miam-miam, direction le High Ridge Trail pour un dîner au coucher de soleil comme seul Hélène a le secret. D'un rien elle vous réinvente le monde, ou tout du moins une recette. Premier nouveau couché de soleil avec en point de mire la baie Juan de Fuca, et, vous l’aurez compris, vous, nos fidèles lecteurs, Victoria. On inverse les rôles. Le parc nous offre de nombreuses randonnées alpines, mais on y préférera les balades en forêt et le tour du lac Crescent. Bien que le coucher de soleil approche, on tente notre chance.

Nous avons lu dans un guide que des sources d’eau chaude naturelles provenant du volcan encore en activité étaient accessibles, moyennant une bonne carte, un peu d’intuition et une dose d’aventure. Le parking bondé de locaux et les nombreuses personnes se rendant à leur voiture serviette à la main, nous signale que nous sommes arrivés à bon port. La courte rando nous amène à une série de piscines naturelles, chaudes ! Au hasard on choisit la dernière. Et bien on ne sera déçu. Un grand roux barbu et bedonnant, sa compagne au moins aussi imposante et un vieux monsieur dans la soixante-dizaine au bas mot, nous accueillent tous chaleureusement. Ce moment de détente s’annonce parfait, sachet de pistaches en bonus. Ah oui, nous allions oublier de vous dire, tous ces braves gens sont tout nu, à poil, la zezette à l’air, assis sur les rebords de la piscine improvisée, bouillonnante, à tailler le bout de gras comme si de rien n’était. Pas question de se débiner maintenant, on n’a pas fait tout ce chemin pour rien. Dans l’eau mais en maillot, on parle voyage et Seattle avec nos amis tout nu. Belle rencontre, lieu surprenant, tout ce qu’on aime, la pilosité en plus.

Pour finir notre exploration de la Péninsule Olympique, on décide de faire dans le tourisme local. Les environs sont reconnus pour leurs champs de lavande et leurs fruits de mer, en particulier le crabe Dungueness. Pour le premier nommé, facile, on visite une plantation de lavandes en en prenant plein les narines, plein l’appareil photo pour Romain avec ces dégradés violets, ces fleurs et ces montagnes, plein les poches pour Hélène, il faut dire que ça fait beaucoup plus l’affaire qu’un arbre magique dans une voiture… Pour ce qui est des fruits de mer et du crabe, une nouvelle fois on restera sur notre faim. La SEULE boutique qui en vendait a fermé pas de solution de repli. Même les locaux sont incapables de nous nous dire où s’en procurer. Finalement la seule « poissonnerie » que nous trouverons sera hors de prix. On se rabattra sur les rillettes de crabe généreusement ramenées par la famille d’Hélène. Ah la famille…

Sur le chemin de Seattle nous faisons une dernière randonnée d’adieu à ce parc qui gagne à se faire connaitre. Une courte balade nous amenant en surplomb d’un lac de montagne, avec en prime, sur la descente, un spectacle offert par deux chèvres des montagnes d’un blanc immaculé. On se demande d’ailleurs comment ces bêtes garde cette couleur si éclatante alors que nous on est tout le temps sale et taché… 

Ayant pris l’habitude des ferries, on recommence pour Seattle. On met la voiture dans le bateau afin de s’offrir une arrivée plus théâtrale. Le hasard fera que pour la troisième fois de la journée on recroisera deux amis, anciennement Seattleites, de retour en vacances dans cette ville. Ils nous donnent leurs bons plans et après un échange de numéro, enfin surtout le leur, nous on est SDF de téléphone, l’un d’eux nous invite à le contacter une fois que l’on sera rendu à L.A. En voilà une journée qui se termine bien !