Les déserts californiens, un périple plein de surprises

Hidden Valley, Joshua Tree National Park, CA, USA

Changement radical d’environnement, après la gigantesque métropole, place aux déserts arides, aux dunes de sable, aux champs de cactus. La Californie est formidable, on pourrait y voyager toute une vie, ou au moins trois mois de VISA dans notre cas, tant sa diversité n’aura cessé de nous surprendre. Un coup des forets aux arbres gigantesques, un autre des falaises dorées ou encore des plages de sable fin et même des traversées de villes mythiques. Mais ce n’est pas tout, elle héberge également ce qui se fait de plus aride au monde, les déserts ! Challenge : passer une semaine dans cet environnement hostile et survivre. D’accord on a la voiture, on passe par des villes et des points d’eau, mais tout de même, ce n’est pas rien.

Désert de la Death Valley, Death Valley National Park, CA, USA

En route pour Joshua Tree au sud-est de Los Angeles, notre première étape nous amènera à la ville de Riverside pour une nuit paisible loin du vacarme de la ville, enfin c’est ce que nous croyons. Le shérif du comté vient nous réveiller pour nous dire ce que l’on sait déjà, c’est interdit de dormir sur un parking, c’est amende, c’est infraction, c’est dangereux… mais il ajoute à son speech que par contre on peut aller terminer notre nuit dans un autre parking de l’autre côté de la rue, qui n’est plus sa ville donc plus sous juridiction, donc plus son problème. Bonjour la solidarité !

Nous entrons sur les terres de Joshua Tree, arbre unique et emblématique de la région. Dans ce parc il n’y a pas d’eau courante, heureusement que nous somme prévoyant et que nous avons remplacé notre jerrycan par un flambant neuf de 20 litres, avec son robinet pivotable en bonus. On part donc explorer ce nouveau terrain de jeux. Le parc est assez petit et les principales randonnées sont courtes, une bonne journée devrait suffire pour découvrir la végétation luxuriante de cacti, mais aussi des arches et des formations rocheuses, un petit avant-gout des parcs de l’Utah, la terre rouge en moins.

Cette région fût aussi un temps le terrain de jeu des chercheurs d’or, on retrouve un peu partout perdu dans les profondeurs du désert des mines encore debout. Une randonnée nous fera découvrir l’une d’elle. C’est sous un soleil brûlant que nous marchons dans le sable pour une immersion à l’époque de la ruée vers l’or. Nous retrouvons la route principale du parc pour aller découvrir les Chollas, des cactus incroyablement beaux, mais tout autant dangereux. Pour terminer notre exploration, on entreprend une courte randonnée de deux heures à peine où un panneau très rassurant nous accueille stipulant que des gens non prudents ont trouvés la mort sur ce trail. Ne soyons pas les prochains... Au terme de cette randonnée, au milieu des montagnes arides, nous tombons sur une petite oasis dont la verdure nous surprend. Un filet d’eau y coule, extrêmement mince, mais suffisant pour nourrir faune et flore, rendant possible la vie dans ces terres inhospitalières. Nous partons de ce parc, content d’être encore en vie, et allons rendre visite à un détachement de l’université de Fortynine Palm. Ils y étudient la flore qui gravite autour d’une autre oasis, beaucoup plus vaste que la dernière, mais un tantinet moins authentique.

Pour nous rendre à Mojave, notre seconde étape, nous empruntons la mythique, incontournable, route 66. Malheureusement elle a été en partie écrasée et remplacée par des autoroutes. Le simple fait de voir la route tatouée du symbole 66 sur le bitume nous émoustille. La traversée des États-Unis ne pouvait se faire sans emprunter cette fameuse portion. Tels Bonnie & Clyde on reprend la route dans notre bolide. Le désert de Mojave se visite principalement en voiture, mais c’est surtout en 4x4 que l’on apprécie le mieux ses sentiers tortueux ensablés. N’ayant ni l’envie de planter la voiture dans une dune, ni la voiture pour se rendre aux dites dunes, on ira, de nouveau, faire de petites marches. Ces collines de sables se trouvent étonnamment en plein milieu du parc. Nous y gravirons également une montagne nous offrant ainsi une vue époustouflante en surplomb de la vallée. Simba n’est sans doute pas bien loin. Le parc n’arrive pas à la hauteur de son prédécesseur, mais s’avère un stop intéressant sur la route de la terrifiante Death Valley.

Oasis of Mara, Joshua Tree National Park, CA, USA

La vallée de la mort est une terre de grands contrastes. Au point le plus bas, record nord américain, est à 85 mètres sous le niveau de la mer alors que le plus haut situé est à 4 421 mètres. La température oscille de +50°C (deuxième point le plus chaud de la terre après le Sahara) à des tempêtes de neige l’hiver en altitude, spécificité à laquelle nous ne nous attendions absolument pas.

Comme prévu il fait encore chaud à cette période de l’année, mais les nuits restent encore fraiches. Pas de quoi nous empêcher de profiter d’un lever de soleil et des couleurs que celui-ci profère au canyon étroit que nous empruntons. Tout juste le temps de se rendre au sommet de la montagne pour y admirer le lever du soleil que nous sommes reçus par une horde de photographes fainéants s'étant rendue ici en voiture. Malgré le point de vue époustouflant, on y préféra notre ascension au calme dans la pénombre avec ses jeux de lumière. Habituel stop au visitor center pour faire le plein d’informations.

Badwater Basin, Death Valley National Park, CA, USA

Deux randonnées nous intéressent, mais elles font 25 kilomètres chacunes et se rendent au sommet d’une montagne. Mieux vaut demander conseil aux chefs rangers. Verdict : 90% de risque de pluie en fin de journée et neige au sommet… Possible, mais plus compliquée que prévu. Peu importe, voir la Death Valley sous la neige n’a pas de prix !

Zabriskie Point, Golden Canyon Trail, Death Valley National Park, CA, USA

On se pose un peu, faisons à manger, à peine le temps d’entamer notre soupe que quelques gouttes arrivent, puis une véritable averse apocalyptique. Un vrai déluge, des trombes d’eau s’abattent sur l’aride vallée de la mort, enfin soi-disant aride… On attend une heure et tentons notre chance pour se rendre vers les montagnes. Raté, les routes sont inondées et ont apporté avec elles des bouts de roches grosses comme des ballons de basket. Impossible de continuer plus loin sous peine soit de voir la voiture se faire emporter par le courant, soit de se prendre un caillou de plein fouet. De toute manière les rangers viennent fermer les routes et nous assignent à résidence au centre d’information, le temps de déblayer les routes. On dit adieux à nos espoirs de randonnées sous la neige, mais le spectacle unique que nous vivons en vaut la peine, pas de regret.

 On passera le reste de la journée à regarder films et autres documentaires du parc. C’est à la nuit tombé, en doudoune, au cœur de la Death Valley que nous célébrerons nos 4 mois de voyage et nos 20 000 kilomètres atteints aujourd’hui autour d’un authentique cassoulet ! On attendra jusqu’au lendemain pour tenter une exploration post–apocalyptique. Sous un ciel encore menaçant, noir comme du charbon, on escaladera quelques dunes encore humides. Le reste des randonnées restent encore impraticable aujourd’hui, et puis, nous avons eu notre dose de pluie pour le moment. On reviendra un jour c’est certain finir notre exploration.

Place maintenant au spectacle de lumière que Las Vegas s’apprête à nous offrir. Le cash est prêt, à nous les machines à sous, les néons aveuglants et l’ivresse de la ville !