Los Angeles, un mythe à approfondir

Venice Beach, aux portes de Los Angeles, c’est ici que commence réellement notre visite de l’immense cité. On se réserve un petit temps d’adaptation avant de s’aventurer plus profondément dans cette ville maintes et maintes fois vue à l’écran. Ses stars attendront.

LA vue de Griffith Park, Los Angeles, CA, USA

On traversera les canaux menant à la plage qui donnent à l’endroit un style vénitien, et font de ce dernier un véritable labyrinthe. De somptueuses maisons auxquels des gondoles sont accrochées font face à des petits bungalows donnant sur la promenade, pas toujours très intime, mais au charme certain. Serait-ce à cause des étoiles dans les yeux que l’on a encore après Santa Barbara, mais Venice ne nous éblouie pas, le froid et l’air frais n’aidant pas, certes. On a plutôt à faire ici à un bric-à-brac géant avec des vendeurs ambulants de babioles, chichi et boissons fraîches. Nous sommes encore loin du cliché hollywoodien. La maison des horreurs avec son nain, sa femme à barbe et la femme-tronc y ont parfaitement leur place. Passé ce cap, on profite de l’animation avec une finale de street Basket électrique, sous le coucher de soleil. Les salles de musculation, terrain de tennis et autres installations sportives jalonnent le littoral. Il faut être le plus beau, et le plus en forme pour régner sur Los Angeles. Promis la prochaine fois on s’y met.

Un jam de fin de semaine s’organise sur la plage. Tamtams, guitares, djembés sont de sortie. L’ambiance hippie dénote du reste de l’endroit, ce qui n’est pas pour nous déplaire. Quelques hélicoptères et voitures de police plus tard, la fête tourne court. Comme quoi l’ouverture d’esprit californienne n’a pas encore touché tout le monde. Il est temps de se rapprocher du centre et de se trouver une jolie petite place de parking pour la nuit. Même pas peur !

Jam sur la plage, Venice Beach, CA, USA

C’est donc au downtown que l’on se réveil prêt à visiter le cœur de la Cité des Anges. On dépasse le Staples Center, stade hébergeant l’équipe NBA des Lakers, pour se diriger vers le « fashion » district. Et bien il n’aura de fashion que le nom, car une fois dedans on est plus proche des puces de Cliancourt que des Champs Élysées. Tant mieux pour notre portefeuille, tant pis pour Hélène. On s’arrêtera en route au Walt Disney Concert Hall, une superbe salle d’opéra ou les plus grands noms de la musique viennent s’y produire.

Plus on s’enfonce dans la ville, plus l’on se rend compte que nous sommes les seuls touristes... c’est sûr que la reconstitution d’un village mexicain d’époque pré-hispanique est beaucoup moins bling-bling que de tenter de croiser Justin Bieber sur Hollywood Boulevard. Qu’importe, on continue et nous nous rendons au marché du centre-ville. La culture mexicaine y est omniprésente avec ses stands de tacos et autres enchiladas. C’est donc tout naturellement que l’on y dégustera un bento japonais, pour la bouffe mexicaine nous aurons trois mois, patience donc.

Avant d’arriver à El Pueblo, ce fameux simili-village mexicain, on croisera la cathédrale Lady of Los Angeles. Si vous avez dans la tête l’image historique de notre dame, et bien, ici c’est tout le contraire. Le bâtiment date de 2002 et a couté la modique somme de 250 millions de dollars. Les peintures ont encore l’air fraiches. Pour l’âme et l’histoire, on repassera. Olvera Street et El Pueblo donnent au quartier historique des allures de village mexicain avec ses décorations et son artisanat. La chaleur écrasante de la ville ne nous incite pas à continuer l’exploration du centre, son ergonomie non plus d’ailleurs. Pour passer chaque tunnel, seulement accessible en voiture, c’est détour sur détour qu’il faut emprunter...

C’est bien sympa toute cette culture, mais nous sommes des touristes comme les autres après tout, nous aussi on veut du futile, des strass et des paillettes ! On se rend à Griffith Park pour le coucher du soleil, mais c’est à la nuit tombée que l’on y appréciera le plus la ville. Los Angeles donne de sa grandeur et resplendit de mille feux. On se rend mieux compte de son immensité ainsi. Ce n’est pas par ici que vous observerez la voie lactée, mais on peut tout de même y voir le fameux signe HOLLYWOOD, bien plus atypique. Quitte à être chez les stars, autant s’en approcher et dormir avec eux, tout du moins à quelques mètres l’un de l’autre. C’est décidé, Mulholland Drive sera notre stationnement pour la nuit.

Âpres avoir emprunté la route en collimasson de Mulholland Drive qui serpente la montagne, offrant ainsi d’implacables vues sur la ville, on s’arrête prendre le petit déjeuner à Hollywood Bowl qui accueille régulièrement en entrée libre les artistes d’opéra pour leurs répétitions. Pas de chance pour nous, nous tombons sur un jour off, pas de Duran Duran prévu pour le lendemain. Après être passé en vitesse la veille au soir sur Hollywood boulevard, avoir salué furtivement Spiderman et ses acolytes Avengers, on le retrouve au petit matin, toujours au poste ! Comme quoi la vie de super héros est vraiment un travail à temps plein. On essayera de deviner qui sont ces gens ayant réussi à avoir leur Étoile sur le trottoir. Le quartier et la ville vivent vraiment la nuit et nous sommes un peu déçus du manque d’animation qui y règne en journée. Nostalgie des années 90 oblige, nous passons par Beverly Hill, Melrose place et Sunset Boulevard. Que d’endroits ayant bercé notre adolescence avec ses sitcoms cultes. C’est un enchainement de boutiques de luxe à en faire pâlir n’importe quelle carte platine, gold ou black. On retourne à la vie réelle en allant au marché, enfin plutôt au food court à ciel ouvert, tant l’agglomération de stands de bouffe déborde les uns sur les autres. Pas question ici d’artisanat ou de dégustation bien entendu.

Il ne faut pas oublier que nous sommes à Hollywood la Mecque du cinéma international, y aller sans y mettre les pieds dans un studio de cinéma serait pécher, surtout quand on adore le grand écran. Après avoir hésité 35 secondes devant le prix annoncé d’une visite de deux heures, on réserve et on y va. On pioche dans notre budget tofu, tant pis, mais qu’importe, quand on aime on ne compte pas ! En voiture, ou plutôt ici voiturette, pour une visite des studios Paramount en compagnie de notre guide Chanel. Elle nous balade de studio en décors, de hangar en parking, toujours avec une anecdote sur un tournage ou les techniques misent en place pour tromper le spectateur. Par exemple, deux portes identiques mais de hauteur différentes, ainsi Tom Cruise et Nicole Kidman peuvent enfin faire la même taille, ou encore ce parking extérieur pouvant être rempli d’eau et servir de mer à Truman show. Qu’est-ce qu’on a pu se faire avoir… On visitera des plateaux de shows américains dont nous n’avons jamais entendu parler et ne verront malheureusement aucun tournage en direct et ne croiserons le chemin d’aucune star. La visite vaut tout de même le détour et reste un incontournable.

Nous passerons le reste de la journée dans les rues chics de Bel-Air et Beverly Hills à se rêver à l’intérieur de l’un de ces somptueux palaces. Le soir nous nous rendons à Playa Del Rey pour y manger face à la mer en haut d’une cabane de sauveteurs. La plage est déserte et la lumière superbe, quoi de mieux pour finir une journée, même la douche sur la plage est de la partie. On partira s’aventurer à Brentwood, le quartier des étudiants de l’université d’UCLA. Son architecture ressemble au sud de la méditerranée et sa vie nocturne animée en font un lieu où il y fait bon vivre. Mais notre mission première est de se rapprocher du Getty Center, ce musée dont tout le monde nous avait parlé. Il est gratuit, mais difficile d’accès, enfin si on prend en compte les 15$ de parking, le bus inexistant ou la marche sur le bord de l’autoroute. Après avoir essayé de s’en rapprocher le plus possible en voiture, être tombé cul de sac sur cul de sac, on se gare prêt de l’arrêt de bus, croyons-nous. Le temps de le trouver, de l’attendre une heure, on se décide finalement à longer l’autoroute, les baroudeurs So 2015. Nous y sommes enfin sains et saufs, les poumons pleins de monoxyde de carbone il est vrai. Le musée est superbe, gigantesque, monumental, d’un blanc immaculé. La vue à elle seule vaut le coup d’œil. Pour la petite histoire, Jean Paul Getty, un multimilliardaire philanthrope a légué toute sa collection éclectique d’œuvres d’art pour le plus grand plaisir des touristes et passionnés. Des iris de Van Gog aux sculptures néo-classique et romaines, on y retrouve majoritairement des œuvres de maîtres européens. On pourrait y passer des jours, mais le soleil commence à se faire insistant.

Il est venu le moment de la plage, détente et baignade au programme, avant de s’attaquer aux déserts arides californiens. On retraversera la ville une énième fois et nous rendons au port de Long Beach y voir le Queen Mary, énorme navire de croisière reconverti en hôtel de luxe. Nous élirons domicile pour notre sieste sur l’immense plage de Long Beach, une véritable ville dans la ville, dont les rues sans fins désertes sont un peu pathétiques, une six voies pour nous tout seul. Qu’importe, nous voilà les pieds dans le sable, et on profite !

Playa Del Rey, Los Angeles, CA, USA

Los Angeles ne nous aura pas laissé un souvenir impérissable, mais c’est malgré tout un stop incontournable pour tous les curieux et fanatiques de cinéma et les amateurs de strasse paillettes. On se dit qu'avec un guide local ou des conseils plus avisés, l'aventure aurait pu être tout autre...