Colombie, nos aventures en sac-à-dos

Le plus dur nous attend, nous devons nous échapper de la canicule de la côte pour nous en aller rejoindre la fraîcheur des hauts plateaux. Le trajet nous fait passer par des zones dites « à risque », car reculées et proche de la frontière vénézuélienne, mais les récents pour parler et le désarmement des milices paramilitaires devraient nous éviter le pire. De toute manière nous n’avons pas le choix, l’avion n’est pas une option pécuniairement possible pour cette fois-ci. Nous ne pouvons échapper aux dix-huit heures de bus qui nous attendent ! Direction Bogotá, la capitale de la Colombie perchée à 2640 mètre. Changement de paysage et de climat, il nous tarde de retrouver un peu de douceur, et avec elle, pantalons, pulls et chaussures.

Lamas dans les rues d' Ipiales, Narino, Colombie

Lamas dans les rues d'Ipiales, Narino, Colombie

Au deux tiers allongés dans nos sièges, le trajet se déroule plutôt bien. Si bien que l’on se rajoute une heure de bus pour rejoindre Chia, une ville dans la banlieue de Bogotá. Luisa nous y attend avec sa famille. Une fois de plus l’accueil est on ne peut plus chaleureux. On prend le petit déjeuner tous ensemble, en famille. Malgré notre demi-nuit blanche, nous gardons les yeux ouverts et surtout notre appétit. Si nous avons décidé de faire escale dans cette ville dortoir c’est surtout pour ses sites aux alentours. Mais pour aujourd’hui, un tour de la ville en compagnie d’un ami de notre hôte sera plus que suffisant. Dégustation de pâtisseries locales, de sorbets aux fruits exotiques somptueux et découvertes historiques, voilà la thématique de notre après-midi. 

Bogotá, Distrito Capital, Colombie

Nous partons le lendemain avec les parents de Luisa à la découverte de Zipaquirá et sa cathédrale de sel souterraine. Les mineurs y ont édifié de nombreux monuments religieux, tant par superstition que par fanatisme. On y retrouve des croix sculptées par dizaines et surtout une immense cathédrale, désignée comme le plus grand édifice religieux souterrain du monde. À plus de 180m sous terre, les claustrophobes sont priés de rester à l’extérieur. L’immensité des couloirs donne une impression d’infini. On s’y perdrait presque. Heureusement les jeux de lumière aux mille couleurs sont là pour nous guider et confère une ambiance plus que mystique aux lieux. L’atmosphère est unique et l’aspect religieux lui profère une aura toute particulière. Après deux heures sous terre, il est temps de refaire surface.

Cathédrale de sel, Zipaquirá, Cundinamarca, Colombie

Cathédrale de sel, Zipaquirá, Cundinamarca, Colombie

Comme souvent lors de nos couchsurfing avec des familles ils sont aux petits soins avec nous. Ils veulent nous faire découvrir au maximum leur région et leurs spécialités, pour notre plus grand plaisir. Un tour culinaire de la ville nous amènera dans une fromagerie, une pâtisserie, un restaurant de grillades et quelques autres roulottes de rue. Les Colombiens aiment manger à l’extérieur et donc, cuisinent très peu chez eux. La nourriture y est variée et surtout très abordable, pourquoi donc se priver ! Après ce tour d’horizon gastronomique, il ne nous en faudra pas plus pour vouloir prolonger le séjour ici, à Chia. Pour le dîner, cette fois c’est à notre tour. Nous nous mettons aux fourneaux pour nos hôtes. Ils ont beaux nous avoir spécifiés qu’ils mangeaient de tout, sans exception, une fois posées sur la table la crème de brocoli aussi crémeuse et fromagée qu’elle soit, les rillettes de poissons et la salade aux mangues vertes, leurs visages se décomposent un peu. Ils cherchent en vain la viande et les pommes de terre frites. Nous y sommes allés un peu fort pour ces carnassiers de la première heure. Pour nous faire plaisir, et par curiosité sûrement, ils goûtent à tout après nous avoir tout de même spécifiés que les seuls ingrédients qu’ils consommaient étaient de nature frite, pour la grande majorité. Promis, la prochaine on se rattrapera !

Avec Luisa, Chia, Cundinamarca, Colombie

L’autre grand centre d’intérêt de la ville est son restaurant Andres Carne de Res, le plus couru du pays. On se presse de toute la région de Bogota pour y faire la rumba. Bien que la carte 100% carnivore soit très alléchante, si les gens se ruent ici c’est avant tout pour son ambiance décadente et sa décoration faite de bric et de broc. Après quelques cocktails et un bon plat de viande, Luisa vient nous rejoindre avec son petit ami pour une séance de danse endiablée. Les cours de salsa 8ème éditions peuvent reprendre. Le restaurant aux mille-et-un couverts s’étend sur trois rues de la ville ! À ne manquer sous aucun prétexte !

Un périphérique traversé plus loin, nous voilà à la capitale, Bogotá ! Ana et Mario, un couple de jeunes mariés nous accueillent dans leur charmant appartement. De suite nous sommes comme à la maison, chambre privée, salle de bain privée et apéro de bienvenue. Grâce à eux nous mettons en place notre itinéraire. C’est parti pour l’exploration de cette capitale aux nombreux contrastes. Nous débutons par le quartier de Usaquén, le quartier des affaires avec une touche de bohème plutôt agréable. On déambule dans les rues pavées, entre boutiques chics et restaurants aux saveurs du monde. Nous salivons devant la vitrine d’une pâtisserie française mais arrivons tant bien que mal à résister aux effluves enivrants sortant de cet endroit divin.

Tableau de Botero, Bogotá, Distrito Capital, Colombie

Pour la suite de notre séjour citadin, Ana nous délimite un périmètre à ne pas franchir, courageux mais raisonnables les touristes. Carte en main nous déambulons dans la ville et profitons de l’accès gratuit, ou presque, aux musées aussi variés qu’intéressants. Nous voilà donc au quartier historique avec ses bâtiments coloniaux, ses musées et ses quartiers malfamés. On débute au musée del Oro qui expose la plus importante collection d’orfèvreries préhispaniques du monde, un brin répétitif pour nous novice, mais tout de même un incontournable de la ville. S’en suivra le musée de Botero, grand artiste-peintre colombien. On y retrouve une grande partie de son œuvre. Nous contemplons la diversité de son travail tout en admirant la ligne conductrice que sont les formes généreuses et dodues de ses modèles.

La journée se poursuit entre gastronomie locale et voyage en funiculaire. Nous sommes à la capitale et, à l’image du reste des villes colombiennes, celle-ci détient également son lot de spécialité. Nous jetterons notre dévolu sur l’ajiaco, une soupe épaisse composée de pas moins de trois variétés de pommes de terre, accompagnée de poulet effiloché, d’épis de maïs et d’herbes aromatiques, le tout servi avec une généreuse portion de riz et d’avocat. Autant dire, un plat qui tient au corps. Heureusement, l’ascension pour le CerroMonserrate se fait en funiculaire, nous sommes sauvés ! Ce mont domine toute la région de Bogotá. À plus de 3000 mètres d’altitude, on y retrouve une basilique donnant une vue de choix pour le coucher de soleil. La nuit tombant, écoutant les conseils de nos hôtes, nous filons rejoindre le métro, escortés dans une navette mise en place pour la sécurité des touristes la nuit venue.

Nouvelle journée à Bogotá, cette fois nous partons explorer les zones adjacentes du quartier historique. Nous poursuivons notre visite des musées avec le musée national situé dans une ancienne prison. Nous en apprenons plus sur l’histoire du pays, ses nombreux faits historiques et sa culture éclectique. Fini le savoir et l’apprentissage, place à la détente et l’animation de la ville. La zona T et le Parque 93 sont les endroits où sortir si l’on veut profiter de la vie nocturne de la capitale. On y retrouve des cafés, restaurant, boutiques de créateurs et des parcs à chaque coin de rue. La vie locale semble plus dynamique ici, plus agréable, mais plus occidentale également.

Ce soir nous célébrons l’anniversaire de Mario. Il nous a fait l’honneur de nous convier à sa fête en famille. Après deux heures de traversée de la ville, nous y arrivons enfin. Nous rencontrons frères, sœurs, neveux, nièces, tantes, oncles et bien sûr ses parents qui nous accueillent. Instants privilégiés, nous parlons cultures, voyages, familles, et bien entendu gastronomie. Des instants simples, mais si importants pour nous. Notre voyage serait si différent sans toutes ces rencontres avec les locaux.

Ana et Mario, Bogotá, Distrito Capital, Colombie

Pour remercier nos hôtes de leur générosité et pour continuer à célébrer l’anniversaire de Mario, nous nous lançons dans la concoction d’un brunch. Jus, café, pancakes, œufs, fruits, avocats, un régal pour les papilles, un poids pour l’estomac lorsqu’il s’agira de se mettre à courir sur le terrain de foot une heure plus tard. Notre séjour à Bogota touche à sa fin. Demain, nous prenons l’avion pour une nouvelle destination citadine, Cali. On survolera les parcs de los Nevados que nous aurions aimé visiter, mais la neige éternelle et le climat d’altitude ne sont pas recommandés avec notre piètre équipement et notre condition physique au plus bas.

Stand de jus de canne à sucre, Cali, Valle de Cauca, Colombie

Nous atterrissons aux aurores à Cali. Santiago, notre nouvel hébergeur est là à nous attendre en pyjama dans le hall de l’aéroport. Ce jeune architecte d’intérieur se révèlera être un hôte en or. En plus de faire une heure de voiture à cinq heures du matin, il nous dépose à son appartement dédié uniquement aux Couchsurfeurs, lui-même n’y vivant pas. C’est donc en compagnie d’une Argentine, un Canadien, un Portugais et une Française, ex-voisine de Coloniale à Montréal, que nous cohabiterons ces prochains jours. L’appartement est une véritable œuvre d’art. Santiago dédie cette espace à son amour pour l’art de rue. Les artistes locaux se succèdent pour apporter leur touche à cette œuvre grandeur nature. Le lieu respire la vie. Une vraie réussite !

Parc à chat, Cali, Valle de Cauca, Colombie

Nous nous promenons dans la ville de Cali au climat plus chaud et à la douceur de vivre. Toujours notre carte de la ville en mains, cette fois-ci se sont des petits bonhommes rouges qui nous indiquent les zones à ne pas franchir. Une journée à déambuler et découvrir les bâtiments du centre nous satisfera amplement. Nous devons arriver à saturation des villes, et puis, papoter avec nos nouveaux collocs’ nous convient très bien. Puisque nous sommes à Cali, capitale mondiale de la salsa, nous ne pouvons manquer à notre sortie sur la piste. Mais là encore, le papotage et la bière l’emportent, sûrement trop peu expérimenté ou trop timide pour se lancer.

Santiago, le jeune marié belgo-colombien nous a mis en contact avec son oncle, Edgar, rencontré au mariage. Celui-ci vit à Palmira, à une trentaine de minutes de Cali. Il possède plusieurs fincas dans les environs et nous a proposé de venir séjourner dans l’une d’entre elles. Pas besoin de plus pour que nous plions bagage pour une bouffer de nature. Il nous accompagne une première fois à Barlovento. Cette finca nichée dans les montagnes fait partie d’un projet de développement d’écotourisme qu’il est un train de développer. Tous les ingrédients sont réunis pour que ce projet soit un succès. Le lieu est paisible, isolé, avec une vue à couper le souffle. L’endroit parfait pour une retraite de yoga ou pour les amateurs de grands espaces. Nous y séjournerons quatre jours à profiter du calme et des paysages. Sans aucune connexion avec l’extérieur, nous lâchons prise et vivons une routine de relaxation avec pour seule compagnie le silence et le coucher de soleil chaque soir plus beau. On en profite pour récupérer le sommeil perdu, rattraper notre retard de lecture et méditer. Nous cuisinons tous les soirs au poêle à bois, le voici notre chalet de montagne tant rêvé. Un vrai retour aux sources. Edgar vient nous rendre visite accompagné d’amis pour un déjeuner 100% local. Évidemment nous sautons sur l’occasion pour venir en aide aux fourneaux. Au menu, Sancocho de Gallina (voir notre recette), un plat traditionnel colombien. Une fois le plat dévoré, le soleil se couche et nous nous retrouvons seuls, de nouveau, dans les montagnes pour une dernière nuit. Demain nous changeons de finca direction Santa Elena à quelques kilomètres de là, tout en bas de la montagne.

Changement de décor, nous troquons le chalet d’altitude pour une villa avec palmiers, piscine et chevaux. Sans contrainte aucune, nous prolongeons la relaxation toujours déconnectée du monde extérieur. Demain nous recevons à déjeuner. Edgar vient nous rendre visite avec sa famille et quelques amis de passage. Nous avons retenu la leçon de Chia, moins de verdure et plus de viande. Ce sera donc un repas aux saveurs franco-espagnoles. Avec la chaleur ambiante nous optons pour une salade feta, pastèque et tomates, un gaspacho, une épaule de porc à l’ail accompagné de gratin dauphinois et d’une crème au chocolat. Le défi semble relevé, nous pouvons poursuivre la journée au bord de la piscine, café colombien et sieste de rigueur.

Finca de Barlovento, Valle del Cauca, Colombie

Hélène et la cuisinière en pleine action, Finca de Barlovento, Valle del Cauca, Colombie

Notre cuisine, Finca de Barlovento, Valle del Cauca, Colombie

Nous quittons nos charmants hôtes après cette semaine riche en détente et partons direction Popayán, la cité blanche. La distance n’est pas si longue, mais le trajet se révèle un vrai parcours du combattant. Une manifestation d’enseignants a lieu en plein milieu de notre itinéraire, bloquant ainsi l’unique route empruntée par les bus. L’attente s’annonce longue, très longue. Nous quittons alors notre bus, reprenons nos sacs à dos et décidons de poursuivre à pied jusque l’autre côté du blocus. Sous une chaleur écrasante, nous nous retrouvons à slalomer entre camions et voitures à l’arrêt depuis près de six heures. Mais personne ne semble stressé. Les gens papotent, patientent autour d’une bière, on rencontrera même un routier qui nous offrira quelques mandarines pour le trajet. Il a surement eu de la peine pour nous et de nos sacs à dos monstrueux. Enfin nous atteignons le barrage, de là nous embarquons sur deux motos, la seule manière d’accéder au prochain village pour espérer avoir un nouveau bus. Cinq bus, deux motos, trois taxis et deux longues marches plus loin, nous atteignons enfin Popayán en fin de journée. Mission accomplie après plus de onze heures de voyage, pour seulement 170 kilomètres parcourus.

Popayan, Cauca, Colombie

Paulo nous reçoit les bras ouverts dans son appartement qu’il partage avec son neveu du même âge, tous deux étudiants. Le temps d’un week-end nous allons revivre en collocations étudiantes, apéro, bières et rumba jusqu’au bout de la nuit. Problème, nous n’étions pas préparés à cela. Nous nous effondrerons peu après minuit et une demi-bière. On s’interroge alors à savoir si cela vient de notre âge ou bien du voyage, du changement de rythme qui s’opère. À méditer… Paulo s’avèrera tout aussi bon en rumba qu’en guide, mais aussi en cuisinier. Une vraie perle. Il nous prépare un plat de légumes vapeur 100% naturel, parfaitement cuisiné et sans matière grasse, pour accompagner un repas sans viande ! Incroyable ! Une anomalie dans ce pays de carnivore. Hélène est aux anges.

Notre guide nous fait découvrir Popayán de nuit. Les rues sont animées par une foule de jeunes. La ville est reconnue pour ses nombreuses universités tout comme l’est Manizales plus au nord. L’ambiance s’en ressent. La douceur du climat et l’animation des lieux en font un endroit de choix pour y vivre et étudier. Ses grandes rues d’un blanc immaculé, presque aveuglantes, quadrillent la ville. Nous passons notre journée à arpenter ses ruelles pavées où nous finirons par tomber sur ce qui est encore aujourd’hui la meilleure glace que nous ayons mangée, la helado de paila, une glace 100% naturelle du pur fruit en bouche, divine.

Place centrale, Popayan, Cauca, Colombie

Nous quittons notre bande d’étudiants infatigables pour aller nous reposer à San Agustín, toujours plus au sud, fameuse pour ses sites archéologiques précolombiens. La route de montagnes pour y accéder est sinueuse, le goudron aux abonnés absents. Nous traversons des paysages splendides, de la montagne verdoyante au páramo brumeux. Arrivés au village, nous nous dégotons un camping un peu à l’écart et organisons une balade à cheval pour le lendemain. Nous négocions un guide et deux chevaux pour une demi-journée à arpenter les différents sites archéologiques du coin. À huit heures nous retrouvons notre guide et nos montures. Problème, nous nous rendons vite compte que ce dernier n’est sûrement que le propriétaire des chevaux et que l’archéologie est le dernier de ses préoccupations. Heureusement le paysage est grandiose. Au bout de trois heures, nous et nos fessiers en avons pour notre compte, mais concernant l’histoire des anciennes tombes on ne connait peu de choses. Nous profiterons néanmoins des quelques informations parsemées par le local. Malgré tout nous ne regrettons pas notre excursion, d’autant plus maintenant qu’Hélène est devenue une fanatique de l’équitation.

Pierres tombales, San Agustín, Huila, Colombie

Canyon de San Agustín, Huila, Colombie

Pierres tombales, San Agustín, Huila, Colombie

San Agustín, Huila, Colombie

Pour clôturer notre escale à San Agustín nous partons faire un tour du marché et de ses quelques ruelles. Nous sommes alors intrigués par une friandise locale, préparée sur une chariote au coin d’une rue. Le vieil homme qui prépare la Gelatina de Pata nous vend cette sucrerie comme une crème de canne à sucre. Curieux que nous sommes nous nous lançons à sa découverte. Le goût est donc tout naturellement intensément sucré, mais plutôt bon. Nous apprendrons bien plus tard qu’il s’agit ni plus ni moins que du collagène de pied de vache additionnée à de la panela (sucre de canne)… Oups, trop tard…

San Agustín, Huila, Colombie

Prochaine étape de notre descente vers le sud, Neiva, pour y explorer le désert de Tatacoa. Nous quittons ainsi les montagnes pour retrouver chaleur et cactus. Arrivés à destination, Maria de la Estrella (Marie Des Etoiles, oui, il s’agit de son vrai nom) nous accueille dans la maison familiale où elle vit avec sa mère et sa sœur. Son petit ami, lui aussi membre de CouchSurfing, accueille au même moment un couple de Français. Nous faisons alors une sortie en couple pour découvrir l’ambiance nocturne de Neiva. Dès le lendemain nous partons explorer le désert à tout juste une heure de voiture d’ici. L’endroit est reconnu pour être l’un des meilleurs spots au monde pour l’observation des étoiles. Malheureusement pour nous le temps ne sera pas de la partie. Cela fait une semaine que les nuages emplissent le ciel une fois la nuit tombée. Nous plantons tout de même la tente et profitons du lieu exceptionnel qui s’offre à nous.

Désert de Tatcoa, Neiva, Huila, Colombie

Désert de Tatcoa, Neiva, Huila, Colombie

C’est sous un soleil de plomb parsemé de quelques nuages que nous suivons les sentiers qui traversent le parc. Nous nous rendons jusqu’à l’une des piscines naturelles aménagées en plein milieu du désert. La marche de retour sera un peu plus difficile, la chaleur se faisant très intense. La douche froide de fin de journée et la bière fraiche seront une bénédiction. Nous terminerons notre exploration par une randonnée matinale dans le désert rouge, une autre partie du parc bien différente du reste. Ici on se croirait revenu à Bryce Canyon, l’immensité en moins. Un paysage digne de Lucky-Luke que nous ne nous attendions pas le moins du monde à rencontrer ici, en plein cœur de la Colombie. Une belle surprise !

Piscine au coeur du désert de Tatcoa, Neiva, Huila, Colombie

Désert de Tatcoa, Neiva, Huila, Colombie

Désert de Tatcoa, Neiva, Huila, Colombie

Un peu à l’image de la Death Valley, nous quittons le désert sous une pluie torrentielle, un fait évidemment rarissime dans cet endroit aride. De retour à Neiva nous retrouvons Maria et son ami pour une virée dans la finca familiale, au programme, piscine, bières et baignade dans le lac. L’endroit est des plus plaisant, on y resterait bien pour le week-end, mais il faut quitter les lieux et continuer notre route. Pour conclure notre séjour à Neiva nous partageons un dîner express, salade et pâtes carbonara, parfait pour se remplir le ventre avant une nuit de bus.

Vue de la finca à Neiva, Huila, Colombie

A la finca avec Maria de la Estrella (à droite) son petit ami et le couple de français, Neiva, Huila, Colombie

Toujours plus proche de la frontière équatorienne, Pasto sera notre prochaine escale. Avant cela il nous faut réaliser un trajet en deux étapes. Une première partie de nuit en bus nous amenant jusqu’à la ville de Mocoa. Il est donc sept heures du matin, nous n’avons pas dormi, ou presque, et nous constatons que nous allons devoir terminer nos cinq heures de route dans la benne d’un pick-up. Un café noir et une brioche plus loin nous voilà donc en route à travers les chemins de la cordillère des Andes, sensible en transport s’abstenir. Nous terminons le trajet en miette, mais des souvenirs plein les mirettes. Malgré l’absence de confort, le paysage en valait l’expérience tout en secousse. À notre arrivée la météo est une nouvelle fois capricieuse, nous faisons donc l’impasse sur la Laguna Verde, qui ne vaut la peine qu’en l’absence de nuages sous peine de ne rien voir.

La longue route jusqu'à Pasto à l'arrière du pick-up, Mocoa, Putumayo, Colombie

Caitlin, notre hôte d’une nuit, nous ouvre les portes de son appartement qu’elle partage avec d’autres collègues qui réalisent le même programme qu’elle. Originaire d’Afrique du Sud, elle effectue une année d’échange dans un lycée en tant que professeure d’anglais. À peine, le temps de partager un bouillon revigorant et quelques anecdotes qu’il faut déjà plier bagage. Notre dernière étape colombienne nous attend à Ipiales, à quelques kilomètres de la frontière.

Quimbolito, gâteau de maïs cuit vapeur dans une feuille d'achira, Ipiales, Narino, Colombie

Dernière ville signifie aussi dernier Couchsurfeur. Alvaro nous reçoit dans sa famille. Ipiales est réputée dans tout le pays pour abriter le monument le plus visité du pays. La cathédrale des las Lajas, de style gothique, dénote totalement de toutes les architectures rencontrées en Amérique latine. Posée entre deux versants d’un canyon elle est monumentale. De jour elle est impressionnante, mais lorsque la nuit tombe un tout autre spectacle apparait, dès lors un jeu de lumière habille l’édifice. Elle se pare de rouge, violet, vert, bleu lui conférant un aspect plus Disneyland que religieux. Sur le chemin du retour, nous passons devant une nuée de restaurants de grillades affichant une spécialité andine bien particulière, le « cuy » (kouille). Ici les cochons des Andes sont cultivés à des fins agricoles. Ils sont cuisinés à la broche et servis entiers, dents et oreilles comprises. Il va falloir un peu de temps à Hélène pour s’acclimater à cette coutume. 

Cathédrale de las Lajas, Ipiales, Narino, Colombie

Cathédrale de las Lajas, Ipiales, Narino, Colombie

Nous prolongeons notre séjour d’une journée chez Alvaro, il souhaite nous faire découvrir sa région et ces spécialités culinaires (autre que le cuy !) Au menu du jour grillades de porc et tortillas de papa fourrées au fromage, s’en suivra une délicieuse helado de paila (crème glacée) servi cette fois-ci avec un coulis de fruits rouges. Pour le goûter : empanadas et muchines (beignet de plantain). Nous sommes repus et plus encore. Un avant-goût des spécialités que nous allons rencontrer en Équateur, de quoi nous mettre l’eau à la bouche.

Au petit matin avec Alvaro avant notre passage de frontière vers l'Equateur, Ipiales, Narino, Colombie

Nous avons des dollars américains en poche (la monnaie équatorienne), un planning élaboré grâce à Alvaro, nous sommes fin prêts pour aller explorer notre second pays d’Amérique du Sud, l’Équateur. Après trois mois d’apprentissage au  back-packing à travers la Colombie nous en aurons vu de toutes les couleurs. Des sommets enneigés du centre, aux plages paradisiaques caribéennes en passant par les montagnes du páramos humide, jusqu’au désert aride. Du zéro degrés Celsius de Tunja au plus trente-cinq de Carthagène. Du mariage somptueux au camping détestable, de la lechona monstrueuse à la douceur des fruits exotiques. Le pays grand par sa taille, mais tout autant par sa diversité tant gastronomique que culturelle. Que dire de ses locaux au grand cœur qui nous aurons accueillis comme des membres de leur famille. Maintenant à nous de poursuivre notre route vers l’Équateur voisin. Sa cordillère des Andes, sa culture Incas, ses hauts sommets sont là à nous tendre les bras. Allons donc voir de quoi nos vieilles guiboles usées sont encore capable.