Colombie: un été gourmand en pays Paisa

Voilà déjà un an que nous écumons les routes d’Amérique, un an à barouder du nord vers le centre du nouveau continent, à découvrir et savourer de nouvelles saveurs, à s’extasier et rêver chaque jour. L’été est là, le temps du changement est arrivé, l’Amérique du Sud nous attend, pour combien de temps, ça nous l’ignorons encore. La Colombie nous ouvre ses portes et nous avons qu’une hâte, aller l’explorer. Le stress et les mauvais moments passés à essayer de vendre la voiture sont derrière nous. En « mochileros » novices que nous sommes, on s’apprête à débuter cette nouvelle aventure chargé de plus de vingt-cinq kilos d’éléments plus ou moins indispensables. Le chemin s’annonce long et périlleux, mais il en faut plus pour nous rebuter, du moins pour le moment. Nous sommes tout excités à l’idée de vagabonder dans ce pays dont tant de monde nous aura parlé en bien. D’autant plus que, cerise sur le gâteau, Santiago et Pauline, deux amis de Romain, doivent se marier dans quelques semaines à peine et que nous sommes de la partie !

Laguna de Tota, Sogamoso, Boyacà, Colombie

Pour vous mettre dans l'ambiance rien de tel qu'un petit air du pays. Bonne lecture !

Nous arrivons à notre première étape colombienne, Medellín. Yuleidy et Ignacio, un couple Colombiano-Argentin que nous avons croisé à plusieurs reprises en Amérique Centrale nous y attend. Se rendre jusqu’ici fut un long chemin de croix, mais nous y sommes arrivés ! Délivrance. Ils nous accueillent les bras ouverts avec, en bonus, vin, bières et dîner maison. On ne pouvait rêver d’un meilleur accueil. Le programme des prochains jours sera haletant, dodos, siestes, bouffes et balades à pied gentillettes. Nous avons besoin de nous remettre de toutes ces émotions post-panaméennes.

On commence l’exploration de Medellín, par son centre-ville. Celui-ci, en ce samedi de match de Copa America, est bondé. Les touristes se mêlent aux vendeurs ambulants d’arepas et aux prostitués des rues non loin du centre où nous irons nous égarer par mégarde. On se promène dans le quartier historique où de gigantesques églises trônent, surplombant la ville. Le parc voisin est jonché de statuts de Botero, le célèbre artiste colombien, en amour, semble-t-il, avec les personnes aux formes généreuses. Les rues achalandées, les gens enivrés, tout au mieux, à deux heures de l’après-midi, nous feront vite décamper d’ici.

Nous avons rendez-vous avec nos hôtes dans l’après-midi pour aller profiter du calme d’apparence du quartier Poblado. C’est ici qu’ont élu domicile la plupart des touristes, profitant de la belle architecture coloniale de ses rues. Les restaurants et bars branchés ont fait de même, ainsi que les boutiques de créateurs. C’est d’ailleurs dans un camion itinérant d’un créateur local qu’Hélène arrive enfin à trouver une robe pour être la plus belle au mariage, enfin la seconde, honneur à la mariée. L’heure du match arrive. Les rues se remplissent. Les bars débordent et les écrans s’allument. Des nuées de maillots jaunes à l’effigie de la Colombie font leur apparition. Ici, comme souvent en Amérique du Sud, le football est une véritable religion. On s’installe, bières à la main, dans un parc pour supporter les cafeteros. Malgré la défaite des locaux, la fête se poursuivra au bout de la nuit. Nous en profiterons pour nous éclipser et gouter sur le passage un plat qui en fera saliver plus d’un, j’en suis sûr. La lechona, il s’agit d’un porc de cent-cinquante kilos au bas mot qui est vidé de sa chair puis farci d’un mélange de riz, petits pois, oignons, ail, épices, pois chiche et de sa viande, que l’on referme et que l’on fait ensuite cuire pendant plus de douze heures, un véritable délice tout en gras et en saveurs !

Pour rester dans la partie gastronomique colombienne, chaque région y a sa propre nourriture et chacune en est on ne peut plus fière. On retrouvera des plats au nom identique dans tout le pays, mais où chacun l’accommode à sa sauce. Nos premiers amours seront les arepas, une galette de maïs farcie de fromage et agrémentée de lait concentré, un régale qui nous accompagnera tout le long de notre séjour. Le second, tout aussi fin et raffiné, est un beignet de fromage frit, j’ai nommé le buñelos. Idéal pour le petit déjeuner et le « las once » soit l’encas, immanquable pour tout Colombien, il se prend entre dix et onze heures puis à seize heures.

Pour remercier nos amis de leur générosité et leur patience à notre égard, il faut dire que tous les deux travaillent à domicile en tant que Freelancer pour de la gestion de sites web ou d’applications, alors que nous passons également une bonne partie de notre temps dans leur petit trois pièces. Nous nous décidons à leur préparer un repas dont nous seuls avons le secret. On s’essaie à faire un riz cantonais avec du chorizo local qui s’avèrera être des plus avarié et empestera la cuisine plusieurs jours durant… C’est le signal qu’il est temps de partir. Mais une petite dizaine de jours seulement, après nous retournons les embêter.

Avant de nous lancer à la découverte de la région nous nous en allons passer la journée à Santa Fé de Antioquia situé à à peine une heure de Medellín. Le village est haut en couleurs. Ses rues pavées, ses maisons coloniales et son climat propice à la sieste nous donnent envie d’y rester plus longtemps. Une hacienda est d’ailleurs à vendre avec plusieurs chambres et salles de bains, serait-ce un signe pour nous qui aimerions un jour, qui sait, ouvrir notre propre B&B… ? On rentre à Medellín alléger nos sacs pour notre future excursion et prenons la route pour Guatape. Ce nouveau village fait face à un lac artificiel où des dizaines et des dizaines d’îles y ont surgi. L’architecture de la ville est superbe et toute en couleur elle aussi. L’attraction de la région est de se rendre à la Piedra del Peñon, un immense rocher qui semble être tombé du ciel, qu’il est possible de grimper via un escalier en colimaçon tortueux. Pour s’y rendre, plutôt que de prendre le bus nous irons marcher dans la campagne passant de finca en finca (maisons de campagne) tout en longeant le lac, avec, toujours en ligne de mire, au loin, cette imposante pierre. Trois heures et sept cents marches plus loin, nous voilà au sommet. Effectivement la vue est renversante et on se rend mieux qu’on de l’ampleur et l’immensité du lac. Les plus chanceux auront construit des maisons sur ces îlots, bien évidemment, seulement accessibles en bateau, le calme assuré.

Piedra del Peñol, Guatapé, Antioquia, Colombie

Lac articficel El Peñol, Guatapé, Antioquia, Colombie

Village de Guatapé, Antioquia, Colombie

Piedra del Peñol, Guatapé, Antioquia, Colombie

Il est temps de faire ce pour quoi nous avons délaissé la voiture, l’itinérance, le camping et les endroits isolés. Nous arrivons à Rio Claro après avoir connu nos premières joies des transports en commun et d’attente de bus. Cette réserve où nous avons choisi de passer la nuit propose de nombreuses activités. Canyoning, rafting, spéléologie sont disponibles, on se contentera d’une courte balade le long de la rivière et d’un repas au coin du feu. Le lendemain nous avons rendez-vous à Tunja où notre première famille de CouchSurfing colombienne nous attend. Prévoyant que nous sommes nous partons tôt pour avoir le temps de prendre un bus ou de faire du stop si besoin. Une fois à la « gare centrale », on nous indique que le prochain bus pour notre destination est à minuit. Il est neuf heures du matin… Deux options, stop à travers la montagne sinueuse, les petits villages isolés ou prendre un bus de cinq heures jusqu’à Bogota et un autre de deux heures jusqu’à Tunja. Après mure réflexion et surement un peu d’appréhension quant au stop, on se tourne vers notre premier périple en bus. D’un voyage de sept heures au départ il nous faudra prêt de douze heures pour rejoindre notre destination finale. Notre voiture nous manque déjà…

Rio Claro, Antioquia, Colombie

Par chance nos bienfaiteurs nous attendent à la sortie du bus. Il est vingt et une heures et nous n’avons rien mangé de la journée. Nous les adorons déjà lorsqu’ils nous proposent d’aller dévorer un poulet frit. Aussi gras qu’il soit, celui-ci est d’un grand réconfort.  Comme bien souvent la rencontre est géniale et les personnes superbes. Le père de famille, Javier est professeur de parapente, mais son véritable métier est musicien, comme le sont également ses deux fils Estefano, Diego et sa femme Claudia. Dans quelques semaines ils doivent faire le tour des festivals folkloriques en Europe pendant près de six semaines. Nous irons passer les prochaines nuits dans les hauteurs de la ville, à plus de trois mille mètres d’altitude sans chauffage, sans isolation, ni eau chaude, avec comme seule chaleur celle de la famille qui nous accueille une nouvelle fois à bras ouverts.

Claudia la femme de Javier, Tunja, Boyacà, Colombie

Le chien de garde chez notre famille à Tunja, Boyacà, Colombie

Javier et son fils Estefano, Tunja, Boyacà, Colombie

N’ayant pas spécialement de programme pour les prochains jours, nous nous joignons à eux et à leur quotidien. Nous irons visiter le centre de la ville, première capitale de la Nueva Grenada qui englobait la Colombie, le Venezuela, l’Équateur et le Panama. Bien évidemment, comme toute visite, la nourriture est omniprésente. Un nouveau type d’arepas surgit, toujours au fromage, mais cette fois-ci fourrée de bocadillo, une pâte de fruits à la goyave, mais le meilleur et plus riche est à venir. Toute la famille nous emmène manger la fameuse Fritanga, plat typique de la région. Avis aux mangeurs de cachère et de halal, passez votre chemin. Il s’agit ici d'un assortiment de trois saucisses, la morcilla (boudin noir farci de riz), chorizo, chicharron et de pommes de terre criolla, le tout cuit dans de la graisse de porc. Un délice pour les papilles et les artères ! Hélène se contentera, elle, d’une salade de fruit nappée de crème, de lait et de fromage. Notre séjour s’annonce riche dans tous les sens du terme.

Petit typique de la région, fromage campesino, chocolat chaud et petit pain, Tunja, Boyacà, Colombie

Javier savourant la Fritanga, Tunja, Boyacà, Colombie

La Fritanga, Tunja, Boyacà, Colombie

La Fritanga, Tunja, Boyacà, Colombie

Bol de fruits frais recouvert de fromage frais et crème de lait, Tunja, Boyacà, Colombie

Pour la suite des réjouissances nous les accompagnons jouer pour un enterrement puis à la répétition pour leur future tournée européennes. Rejoint par leur troupe de danseurs, le spectacle est endiablant, ils nous tardent de voir ce que cela donne avec toutes les tenues traditionnelles. Avant de se quitter nous nous rendons au Puente Boyacá, lieu symbole de la défaite des colons espagnols face à l’armée de Bolivar.  Un cours d’histoire plus tard et nous voilà en route pour notre prochaine destination, Villa de Leyva.

Marché typique de Tunja, Boyacà, Colombie

Monument Bolivar, Puente Boyacà, Boyacà, Colombie

Javier et son fils Estefano prêt pour leur journée de concert, Tunja, Boyacà, Colombie

Javier et son fils Estefano prêt pour leur journée de concert, Tunja, Boyacà, Colombie

Ce petit village à quelques kilomètres de là est l’un des plus fameux et touristique du pays. Rien de plus simple pour le rejoindre, prendre le bus qui passe en face de chez nos hôtes. Sauf que, après avoir attendu près d’une heure et qu’aucun bus n’ait daigné s’arrêter pour nous prendre et que la pluie ait commencé à tomber nous commençons à nous impatienter. On s’interroge si les chauffeurs n’aiment pas nos têtes de gringo ou si les bus sont juste pleins. Par chance, après cinq minutes de stop, une voiture s’arrête et nous amène à destination. Comble de la chance, Milton, notre sauveur, avec qui nous sympathisons le temps du trajet, nous propose de venir boire un verre de vin dans sa maison secondaire à Villa de Leyva, chose qu’il ne faut pas proposer deux fois à Hélène. Nous arrivons donc chez lui, à quelques kilomètres du centre-ville, dans une somptueuse finca faisant face aux montagnes et au village. L’endroit est idyllique, tout comme l’est sa cave à vin. Autour d’un bon verre de rouge chilien, nous parlons de tout et de rien, mais surtout de voyage.

Une fois la bouteille terminée, il nous propose d’être notre guide pour la journée et, de fil en aiguille, de passer la nuit dans une de ses nombreuses chambres avec salle de bain et eau chaude ! On se balade sur ces rues pavées où chaque maison semble s’être tournée au tourisme. On ne compte plus le nombre de restaurants et d’auberges dans la ville. Il faut dire que le lieu est charmant et que les animations culturelles sont omniprésentes tout au long de l’année. Notre bienfaiteur nous traite en roi. Il nous invite coup sur coup à prendre un café, une pâtisserie puis, pour finir, au restaurant. On est un peu gêné de tant d’attention de la part d’une personne que nous ne connaissions pas il y a quelques heures de cela, mais on accepte avec plaisir tous ces présents inattendus. Pour conclure la journée en beauté, cet ex-champion de danse nous emmène nous montrer de quoi il est capable dans un des bars dansant de la ville. Les rythmes latinos et l’aguardiente sont de rigueur. On se rend vite compte qu’il nous faudra nous entrainer pour rivaliser avec les locaux, tant au niveau de la danse que de cette liqueur anisée nous rappelant vaguement le pastis ou l’ouzo grec.

Place principale, Villa de Leyva, Boyacà, Colombie

Nous poursuivons notre aventure en nous rendant à Sogamoso. Hélène n’aura pas survécu à la climatisation des bus, l’altitude et le froid qui l’accompagne. La grippe a frappée ! C’est donc la tête embrumée et le nez rouge qu’Andrew nous accueille chez lui dans sa famille. Ils sont au petit soin pour nous, surtout sa maman, une vraie mère poule qui nous interdit presque de faire à manger nous-mêmes. Nous sommes chez elle, nous sommes ses invités. Nous insistons pour au moins partager les tâches, on s’en sort comme ça. Au matin elle se charge elle-même de faire les fameuses arepas qui nous suivent depuis près de deux semaines, une au fromage, une au bocadillo, toujours un régal, d’autant plus quand c’est fait maison.

Par chance Andrew a du temps devant lui et nous accompagne visiter la Laguna de Tota. La météo n’est pas avec nous, mais le lieu est idéal pour un week-end entre amis à randonner sur les bords du lac, à camper tout en grillant des truites fraichement péchées. Nous opterons pour la facilité en allant déguster un de ces poissons qui fait la réputation de la région, dans un des restaurants avec vues sur le lac. Un véritable délice. Le lendemain, revigoré par cette dernière journée, on accentue le challenge. Au programme, randonnée dans les montagnes.

Nous partons pour Mongui y explorer le Páramo de Oceta. Nous sommes dans la partie supérieure nord de la Cordillère de Andes, entre forêt et neige éternelle, on retrouve ici un type de végétation unique. A près de 4000 mètres d'altitude l'humidité est omniprésente, son isolement en fait un lieu de prédilection pour ces plantes aux allures de cactus. La randonnée n’étant peu voire pas signalée, nous finirons par nous perdre, lamentablement. C’est donc dans cet environnement hostile, trempés jusqu’aux os, de l’eau jusqu’aux chevilles, que l’on tentera pendant près d’une heure de retrouver un semblant de chemin familier. Tout est bien qui finit bien, plus de peur que de mal. Nous nous récompensons et réchauffons dans un des petits cafés du village avec un bon tinto, le célèbre café noir colombien. Mais la leçon est prise, nous décidons de faire une pause sur les randonnées non guidées et sans indications. Pour notre dernier jour, Andrew se fait notre guide du musée Archéologique de la ville. Nous nous en apprenons un peu plus sur les natifs de la région, les Muiscas, peuples pré-colombien. Nous concluons ces quelques jours à Sogamoso par la meilleure empanadas « du monde » et par un verre de chicha, une boisson amérindienne à base de maïs fermenté qui goûte vraiment la fermentation, le sucre en plus, comme souvent.

La prochaine étape de notre voyage se devait d’être au Parque Nacional del Cocuy, un parc où les montagnes enneigées atteignent plus de cinq mille mètres. Il est possible d’y randonner des semaines durant en logeant dans des refuges de fortunes ou en tente pour les mieux équipés. Pour s’y rendre il faut soit prendre un transport privé, soit partir du village aux aurores en embarquant dans le pickup du lechero, la personne qui se charge d’aller chercher dans tous les élevages du coin les récoltes de lait, on ne peut plus atypique. Malheureusement pour nous, les villageois bloquent l’accès du parc pour protester contre sa non-protection et sa pollution des touristes. De toute manière notre matériel ne nous permettait pas une exploration dans les meilleures conditions et Hélène n’est pas encore remise de son coup de froid. Changement de plans et direction San Gil, la Mecque colombienne des sports extrêmes.

Nouveau lieu, nouvelle arepa. Celle-ci est onctueuse à souhait, et semble fouettée comme une omelette avec des blancs en neige tant elle est légère, encore une bonne pioche ! Nous jetterons notre dévolu sur une session rafting. On s’aperçoit que le challenge ne sera pas exceptionnel quand on voit embarquer dans le bateau précèdent un enfant de trois pieds six pouces. Tant pis, tant mieux, on y va à fond. Ça crie, ça pagaie, ça manque de tomber à l’eau. Une heure trente de sensation presque fortes et c’est déjà pas mal. Le lendemain nous partons nous balader à Barichara, le village voisin. Fondé en 1705, il est considéré comme l’un des plus beaux villages de Colombie, lui aussi. Ses rues pavées très pentues, ses maisons aux jardins intérieurs nous ferons craquer. Proche du mirador qui offre une vue imprenable sur le canyon du rio Suarez, nous empruntons le chemin des indigènes, neuf kilomètres pour atteindre, Guane, un village encore plus petit que ce dernier. Nous arrivons au milieu de nulle part, isolé de tout, mais pas des touristes qui, comme nous, ont emprunté le sentier. Nous y goûterons le Sabajon, une liqueur crémeuse à base de lait de chèvre. Un délice ! Nous pensions pouvoir remonter à Barichara en bus, mais la route est bloquée par une course cycliste. Qu’importe, avec un groupe de touristes eux aussi bloqués nous réussissons à trouver un propriétaire de Chiva, un mini bus 4x4 en bois. C’est parti pour une course folle à travers bois et champs, l’aventure continue !

Dans les rues de Barichara, Santander, Colombie

Village de Guane, Santander, Colombie

Course cycliste et voiture typique, Barichara, Santander, Colombie

Il est grand temps de retrouver nos compagnons de Medellín, qui, j’en suis sûr, se languissent de notre retour dans leur appartement. Hélène profite tant bien que mal des lieux pour se remettre d’une vilaine intoxication, qui finalement s’avérera être les conséquences d'un vilain moustique. Une fois remise sur pied nous empruntons le téléphérique de la ville qui nous amène dans les hauteurs de la ville. Il a pour but de désenclaver les habitants de ces bidons-ville faits de tôles et de terres, leur permettant ainsi de se rendre en ville et au travail en deux heures de moins qu’à l’accoutumée. On se rend ainsi mieux compte de l’ampleur de la ville et de sa géographie vallonnée.

Le téléphérique de Medellin, Antioquia, Colombie

Notre escale à Medellin touche à sa fin, nos amis ont décidé de mettre les voiles, direction le Brésil pour de nouvelles aventures itinérantes. Nous, nous restons dans le pays et mettrons les voiles plus au sud. On se réessaie à la cuisine, une nouvelle fois. On ne veut pas rester sur un échec, surtout d’une telle ampleur. Connaissant leur amour pour le Mexique nous nous lançons dans la concoction d’une soirée tacos, guacamole, chimichurri, beauf sauté, le tout accompagné d’un petit rouge et de margaritas. L’honneur est sauf, nous pouvons partir l’esprit tranquille !

Nous nous dirigeons tout doucement vers le sud et la zona cafetera où le mariage doit avoir lieu incessamment sous peu. Nous aurions aimé faire tous les petits villages des alentours, mais le fait de ne plus être véhiculé nous complique la vie. Pour aller d’un village à un autre, distant d’à peine deux heures, en théorie, cela peut prendre toute la journée. Nous jetons alors notre dévolu sur Jardin, un village niché dans les montagnes avec des champs de bananes, des plantations de café,  et de cannes à sucre, à perte de vue.

Vue de notre chambre, Jardin, Antioquia, Colombie

La vallée de Jardin, Antioquia, Colombie

Nous nous dégotons un petit hôtel avec chambre privée et vue sur la place centrale. Le lieu est parfait pour la relaxation. Nous sommes inondés sous les possibilités de randonnées dans les montagnes avoisinantes. Nous choisissons de nous rendre à une cascade nichée dans le cœur des montagnes, la Cueva del Esplendor. La randonnée est tout aussi belle que le lieu motif de notre balade. Nous longeons la montagne en passant par divers champs et plantations pour finir par tomber sur une trucheria,  lieu d’élevage de truites. Le soir même, pour se récompenser après tant d’effort, nous goûtons au plat national, la bandeja paisa. Tout est finesse lui aussi il se compose d’un morceau de chicharron (gras de porc frit), de chorizo, de viandes hachées, de haricots, de riz, d’un œuf sur le plat, de plantain frit, d’une arepa et d’un demi-avocat, rien de tel pour récupérer après l’effort ! Juste avant de prendre le bus pour notre prochaine étape, nous nous baladons dans les hauteurs de la ville pour finir par rentrer en téléphérique vintage tout en bois. On se demande comment celui peut encore fonctionner. Après dix minutes de traversée au-dessus du ravin nous en sortons indemne, prêt à chausser notre caillou qu’est notre sac à dos.

Nouvelle étape de notre escale, Manizales où nous attend Daniel et sa compagne Carolina. Nous sommes de nouveau reçus comme des rois. Malgré notre arrivée tardive un repas chaud nous attend. Le courant passe tout de suite, on blague sur tout et rien comme si nous nous connaissions depuis des lustres. Ils nous inondent de bons conseils pour visiter el Parque de los Nevados, un parc un peu à l’image de celui de Cocuy, le blocage en moins. Pour l’instant nous nous concentrons sur les préparatifs du mariage. C’est donc journée shopping, pour le plus grand bonheur de Romain. Il nous faut trouver une guayabera, la chemise traditionnelle de la côte, ainsi qu’un pantalon, si possible propre, si possible sans trou et de couleur beige. On remplit avec une grande dextérité ces deux missions. Nous en profitons pour visiter le centre-ville et comme d’accoutumé, ses églises d’époques. Le soir même, nos hôtes nous emmènent dans une feria non loin de chez eux. L’ambiance nous fait penser aux marchés de Noël. Tout un tas de petites échoppes vendant de l’artisanat local, en finesse et de bonne qualité. Bonus des bonus, bon nombre de camions de bouffe y ont élu domicile. Les crêpes françaises font face aux burgers allemands et à notre coup de cœur, la Lechona ! On se jette sur les dernières parts et les engloutissons. On en a jusqu’aux oreilles. Une nouvelle fois nous abandonnons l’idée d’aller visiter le parc de los Nevados, peut-être après le mariage, ou peut-être pas…

Bar à café ambulant, Manizales, Zona Cafetera, Caldas, Colombie

Feria, Manizales, Zona Cafetera, Caldas, Colombie

Dernier stop pré-mariage à Pereira. Plus pour faire nos dernières emplettes que pour visiter la ville, nous avons rendez-vous avec Luis, notre dernier hôte CouchSurfing. Ce professeur de mathématique, aficionados de parapente, lui aussi, à ses heures perdu. En deux temps trois mouvements, Hélène trouve ses souliers de princesse et Romain se fait couper les cheveux et tailler la barbe.

C’est bon, nous sommes fin prêts pour rejoindre les mariés et toute leur bande belgo-colombienne ! À nous la grâce, le luxe et la civilisation !