Costa Rica, Pura Vida à la playa

Nos deux semaines dans la province de Nicoya se seront finalement transformées en cinq semaines de partage, d’apprentissage et d’aventures. C’est pour nous d’autant plus difficile de quitter la plage d'Ocotal et Monkey Farm quand on sait ce qu’il nous attend. La chasse à l’acheteur et à l’appareil photo continue. On ne désespère pas, mais cette activité ne nous enchante pas plus que cela. Une nouvelle fois nous remettons les pieds à la capitale. Rotcy et Emma nous offrent l’hospitalité pour quelques nuits. Le deal est conclu. On échangera bon repas contre chambre à coucher. Au menu des prochains jours smoothies à la mangue, burger végétarien, galettes de sarrasin, et gâteau au chocolat.

On déambule dans les quartiers de la gigantesque métropole. Pour l’appareil photo on trouvera un modèle en bon état relativement récent. Ici l’électronique est si chère qu’un gros business d’importation depuis les États-Unis ou l’Asie s’est monté. Tout le monde est gagnant ou presque. C’est moins cher qu’en boutique et on s’évite les trois semaines de livraison d’EBay. Un nouvel appareil photo autour du cou on peut maintenant s’attaquer à la vente de la voiture. On décide de prendre les devants et postons l’annonce au Panama voisin. Miracle, le téléphone ne cesse de sonner, WhatsApp de vibrer et notre boite courriel de se remplir. Le choix est fait, on garde la voiture un mois de plus le temps de finir le Costa Rica et de se rendre à Panama City, la capitale. L’option n’est pas pour nous déplaire. On ne se sentait pas encore, ni émotionnellement, ni psychologiquement prêt à se séparer de notre carrosse. Dans ce pays réputé sûr, on peut se permettre de rouler tard et de dormir où bon nous chante. Un mois de liberté de voyage supplémentaire ! On quitte notre charmante famille d’accueil en se donnant rendez-vous en Europe pour leurs futures vacances, en espérant avoir la chance de leur rendre la pareille.

Nous reprenons donc la route, le blog à jour, l’appareil photo chargé, des mangues du jardin plein le coffre, des nuits de gros dodo accumulées et des débuts de plan pour la voiture. On peut aborder cette dernière étape côtière sereinement. D’autant plus qu’on commence notre visite des plages pacifiques en CouchSurfing, plus précisément à Jaco chez Nicolas, un mexicain fana de vélo. En pause amoureuse, il vend des macramés faits main sur la plage pour se refaire une santé financière avant de reprendre la route vers Ushuaia. On partagera son studio avec un autre voyageur cycliste faisant le même trajet. Lui fait 150 kilomètres par jour, nous aussi, on mange 300 grammes de pâte par repas, lui aussi. On est pareil en soit. La largeur des cuisses et sueur en moins…
En chemin pour la plage nous traversons un pont, surprise celui-ci abrite une famille de crocodiles se prélassant dans le fleuve, une découverte étonnante, un peu effrayante et une nouvelle preuve de la grande diversité du Costa Rica.

Rio Grande de Tarcoles, Puntarenas, Costa Rica

Crocodiles dans le Rio Grande de Tarcoles, Puntarenas, Costa Rica

Crocodile dans le Rio Grande de Tarcoles, Puntarenas, Costa Rica

Playa Jaco, Puntarenas, Costa Rica

Le lendemain de notre arrivée, on se rend à la plage de Jaco. Au nord de celle-ci beaucoup de maisons de bord de mer, quelques cocotiers, au sud, une plage cachée, seulement accessible à marée basse. Une fois là-bas, si on s’abstient de regarder les hauts immeubles au loin, on est sur une plage déserte entourée de végétation luxuriante. Des pêcheurs sont perchés sur des rochers où les vagues déferlent. On sent leur équilibre précaire, mais ils résistent tant bien que mal et reviennent sur la terre ferme quelques poissons autour du cou. On jalouse un peu leur courage et intrépidité. Un jour, nous aussi, on arrivera à pêcher quelque chose, un jour.

Playa Jaco, Puntarenas, Costa Rica

Pêcheurs à playa Jaco, Puntarenas, Costa Rica

Playa Herradura, Puntarenas, Costa Rica

Playa Hermosa, Puntarenas, Costa Rica

Nous quittons notre hôte pour aller voler de nos propres ailes. Nous passons la journée à playa Hermosa. Le lieu est sauvage à souhait. Aucun village, bâtiment ou bicoque à l’horizon. À peine un poste de maître-nageur vient casser la monotonie du paysage. Une fois les pieds dans l’eau nous sommes submergés de nature. Sable à gauche, rocher à droite, forêt verdoyante dos à nous et océan à perte de vue. La nuit ici s’annonce particulièrement paisible, au programme barbecue et camping au son des singes hurleurs. Mais nous avions oublié un paramètre dans l’équation. Qui dit plage déserte, dit pas de béton, qui dit foret humide dit insecte, tout ça pour vous dire que nous voilà au milieu de l’habitat préféré des moustiques en pleine saison des pluies… on les pensait plus rares une fois la nuit tombée, c’est un cuisant échec. Il faut battre en retraite. Ils sont trop nombreux, trop préparés, trop assoiffés de sang. Ils viennent à bout de nos nerfs de fer. On se rend à l’évidence, il faut quitter les lieux au plus vite. Nous sommes mouillés, pleins de sable et il fait nuit noire. On respire, on réfléchit, on arrête de penser à nos piqûres et on reprend la route. Impossible de cuisiner ou même de sortir la tête à cet endroit. Par chance, nous tombons sur un mini centre commercial qui sert de halte pipi aux bus faisant le trajet Panama-Costa Rica. Comme au bon vieux temps nord-américain, on investi les toilettes, gant dans une main, savon dans l’autre. On se sent beaucoup plus propre et prêt à attaquer la soirée, les sanitaires un peu moins après notre passage sableux. On sort la popote et aux fourneaux. Plus de moustiques à l’horizon, ça vaut bien un ti-punch réparateur ! On finira la nuit, quelques kilomètres plus loin, sur le parking d’un parc national maritime du nom de Ballenas.

Playa Pinuela, Puntarenas, Costa Rica

La prochaine plage appartient elle aussi au PN Ballenas qui tire son nom de sa forme en queue de baleine, pas de cétacé visible ici par contre une plage de galets déserte. Notre descente sur la Panaméricaine se poursuit, nous voyons défiler plages et forêts luxuriantes. Le sud du Costa Rica est beaucoup moins touristique et pourtant il regorge de pépites. Parmi la plus connue le parc national de Corcovado, après une longue réflexion nous décidons de ne pas y faire de stop. D'après les ouïes dire, l’endroit est isolé, sauvage à souhait, un des derniers refuges de la planète pour les animaux sauvages. Petit hic, il faut débourser près de 200 dollars par personne pour un séjour de deux nuitées en camping. L’aventure est tentante, mais le prix rebutant. Tant pis, avec cet argent on se fera une semaine tout compris en Amazonie colombienne. C’est ainsi que nous arrivons dans le village de pêcheurs de Golfito. En chemin nous croisons la route de Pavones, une plage difficile d’accès, bien isolée, un véritable repère à surfeur où la plus longue vague du monde y déferlerait. Nous hésitons, puis poursuivons et choisissons le farniente de Golfito. Nous trouvons un endroit superbe pour y planter la tente. Nous voilà dans un lodge tout équipé. Une piscine presque remplie d’eau, un barbecue, avec presque du gaz et un billard avec presque des queues en état. Quel bonheur de profiter de la fraîcheur de l’endroit et de l’absence des moustiques. On y doublera même la durée de notre séjour. Cela tombe bien car c’est l’anniversaire d’Hélène. Enfin plutôt le weekend d’anniversaire. Elle a décidé que vendredi, samedi et dimanche lui seraient dédiés. Qu’à cela ne tienne, « rien n’est trop beau pour une si belle. Dans les pays d’Ivoire et d’ébène. » On profite du lieu et des installations à fond. Poisson et légumes grillés, bananes flambées pour le premier jour le tout arrosé de vin blanc. Pour le second soir, ce sera côtes de porc marinées au miel et soja, pommes de terre en papillote à la braise et Sangria. Hormis cette étape gastronomique, nous irons nous dégourdir les jambes jusqu’au belvédère du village, nous offrant une vue imprenable sur le golfe, la ville et ses îles au large.

Dîner d'anniversaire au Purruja lodge, Golfito, Puntarenas, Costa Rica

Purruja lodge, Golfito, Puntarenas, Costa Rica

Dessert d'anniversaire, Purruja lodge, Golfito, Puntarenas, Costa Rica

Golfito, Puntarenas, Costa Rica

Le Costa Rica touche à sa fin pour nous. Dans ce pays où le tourisme est le plus développé d’Amérique Centrale, et donc par ricochet le plus cher, nous avons pour la deuxième fois pu profiter et explorer la richesse et la diversité de ce beau pays et ce sans nous vider les poches. Notre mode de voyage, à dormir sur la plage, à faire du CouchSurfing, à randonner à notre guise dans les parcs nationaux et à manger local nous aura épargné bien des dépenses. Il est maintenant l’heure de refaire nos sacs et direction Boquete, dans les montagnes panaméennes. Sa fraîcheur nous fera du bien. Nous partons à la découverte du dernier pays d’Amérique Centrale, le Panama que nous ne connaissons qu’à travers son important canal et son récent scandale financier. On se donne rendez-vous avec un autre couple de Franco-suisse. Ils sont partis de Californie où ils y ont acheté leur 4x4 aménagé par leur soin. Nouvelle étape de notre voyage nous allons tenter l’aventure à quatre, nous les solitaires.