El Salvador et Honduras, entre émerveillement et crispation

Après avoir hésité, tergiversé, bégayé sur la meilleure (ou moins mauvaise) option pour rejoindre le Nicaragua, nous avons enfin pris notre décision. On sélectionne la plus « rapide ». On passe par le Salvador puis le Honduras, cela nous fait éviter les routes de montagne de ce dernier, mais nous rajoute une douane. La seconde option ne nous aurait fait qu’emprunter le Honduras et ses routes sinueuses traversant des régions inhabitées. Nous faisons donc une croix sur les iles paradisiaques d’Utila et de Roitan, mondialement connues pour ses spots de plongée à prix cassés. On remettra ça à un autre voyage. Pas de Copán non plus, mais on estime avoir eu notre compte concernant les visites de temples mayas. De plus, on a fait le choix de tenter l’expérience du volontariat dans une auberge à Léon au Nicaragua et les propriétaires nous attendent pour leur filer un coup de main. Pour trouver la perle rare, on s’est inscrit sur HelpX. Malheureusement pour nous, les seules annonces nous semblant intéressantes, tant géographiquement qu’intellectuellement parlant, requièrent six heures, six jours de travail par semaine, et pour certains il faut payer l’hébergement et la nourriture. On est bien loin de l’échange selon notre opinion. À Léon, nous avons trouvé le juste milieu. Traverser le Honduras et Salvador rapidement nous permettra d’y passer plus de temps et d’y vivre l’expérience à fond.

Lac de Coatepeque, Santa Ana, El Salvador

Pour en revenir à notre route, nous voilà donc au Salvador. Hormis son haut taux d’homicide, ses gangs ultra-violents, nous n’en savons pas grand-chose. Raison de plus pour aller le découvrir ! Et quel meilleur moyen pour cela que le CouchSurfing. René nous accueille chez lui à Santa Ana, dans le nord-ouest du pays. La ville est parfaitement située pour visiter les nombreux points d’intérêt des alentours. Pas besoin de faire des heures et des heures de route pour se rendre quelque part, le pays se traverse de bout en bout en à peine cinq heures. René se montre particulièrement accueillant, amateur de danses latines et hyperactif, on ne s'ennuiera pas une seconde à ses côtés. Il nous planifie nos prochaines excursions avec des recommandations personnalisées. Entre volcans, lacs et villes coloniales, le programme s’annonce chargé.

On débute par le lac de Coatepeque, niché dans le cratère d’un ancien volcan, entouré lui-même de volcans. Il s’étend sur près de quatre kilomètres au plus large et est le lieu de villégiature préféré des citadins de la région qui y viennent passer fins de semaines et vacances. On s’y prélassera sous le soleil, tout en haut d’une paillote sur pilotis, chevrotante à chaque bourrasque. Le port de plaisance avoisinant, l’eau verte et son dépôt huileux ne nous donneront pas plus envie que cela de nous y tremper. Un lanchero nous dira tout de même que les gringos aiment se rendre au centre du lac où l’eau y est translucide, selon ses dires. On remet la sortie jet ski pour notre prochaine quinzaine à St-Tropez.

Lac de Coatepeque, Santa Ana, El Salvador

Un peu à l’image du pays, la ville de Santa Ana est belle et chaleureuse, mais sans aucune installation touristique digne de ce nom. Elle a la particularité de posséder quatre églises qui, en les reliant sur un plan, forme une croix chrétienne. On se balade dans les rues, visitant ces dernières et le marché, y dégustant tout ce qui nous semble nouveau. Yucca frit et pain de maïs cuit dans une feuille de bananier, le tout payé en dollars américains, la monnaie officielle du pays. Pour simplifier les achats, tout est vendu par sacs de un dollar, pas de négociation possible sur les prix, tout le monde est logé à la même enseigne. On rentre retrouver notre hôte. Ce soir ils nous emmènent explorer Santa Ana By Night avec une amie à lui.

On ira manger dans une pupuseria, la spécialité nationale. La pupusa est une tortilla farcie soit de fromage, soit de chicharron (gras de porc frit), soit de haricot ou les trois à la fois, la revuelta. La mamita nous permet même de passer en cuisine et de les faire nous-mêmes. Nous ne sommes pas peu fiers du résultat, même si les nôtres sont beaucoup moins homogènes que celle de la chef. Notre hôte décide de prolonger les hostilités. Direction un bar privé à moitié clandestin. La mère de famille d’une soixantaine d’années vient nous ouvrir la porte grillagée du lieu. Tout le monde semble se connaitre. Juste derrière la pièce où nous buvons, séparée par un simple rideau, se trouve la maison de propriétaire. Des enfants y jouent, d’autres regardent la télévision pendant que les plus vieux se chargent de préparer les plats pour les clients. Difficile de faire plus dans l’immersion locale que dans ce genre d’endroit impossible à pénétrer sans un local. Un jukebox dans le coin crache de la musique latine. Merengue, bachata et cumbia s’enchainent. Il est temps de mettre en application les quelques leçons prises pendant le voyage. Au milieu de tous, nous voilà lancés dans une tentative de danse. Entre applaudissement et rires, les autres tablées viennent nous rejoindre, la fête peut commencer !

Cette première journée nous aura enlevé bon nombre de préjugés et d’appréhensions que l’on pouvait avoir sur le pays. Ce n’est que le début, mais on s’y sent bien. On a hâte de voir ce que la suite peut nous réserver, en espérant que ce soit du même acabit. Après le lac, place au volcan Santa Maria. On redescend un peu sur terre quand on apprend que pour y grimper il faut deux policiers et un guide pour accompagner notre groupe de quinze randonneurs. Le hasard fait que nous tombons sur deux Français. L’un travaillant en tant que gendarme à l’ambassade à la capitale et son neveu, en vacances.

Le temps d’arriver au sommet nous avons le droit à toute une litanie de chiffre sur la criminalité du pays ainsi que quelques histoires bien imagées sur les incidents survenus récemment. Le pays vient de détrôner le Honduras avec un taux d’homicide le plus élevé au monde, une bonne cinquantaine par jour. Pour plus de la moitié cela concerne des règlements comptes entre gangs, pour le reste, des locaux, car ici pas de touristes, au mauvais endroit et mauvais moment ayant refusé d’obtempérer. On essaie tant bien que mal d’admirer la vue et de profiter du superbe spot en chassant ces images de nos esprits. Depuis le sommet, on y voit le Pacifique ainsi que les plaines avoisinantes. Nous qui avions plein de projets d’activité en tête on ne sait plus trop si l’on doit fuir ou si même fuir est trop dangereux. On profite de la vue du volcan depuis lequel, dans son cratère, un lac vert mentholé s’est créé. Le vent est renversant, impossible de tenir sur place. Sur la route du retour, nous souhaitons faire un stop photo dans un des miradors de bords de route. On fait demi-tour lorsque l’on aperçoit quelqu’un sortir d’un buisson. Est-ce un bâton, une machette, une mitraillette ? Nous ne serons pas trop curieux cette fois-ci et ne préférons pas le savoir, re demi-tour. On a besoin de réfléchir pour la suite…

Volcan Santa Ana, Santa Ana, El Salvador

Malgré ce tableau peu flatteur du pays, on y est et on veut s’en faire notre propre opinion. On doit juste prendre plus de précautions que d’accoutumé et de bien choisir nos stops quitte à quitter le pays plus tôt que prévu. On est venu pour visiter, mais si c’est pour le faire la boule au ventre, non merci. La Ruta de las Flores nous est recommandé partout et par tout le monde. C’est une route reliant plusieurs villages de montagne dont les rues sont supposément constellées de fleurs au printemps. On y découvrira plutôt ses églises, ses parcs centraux et son artisanat. En s’arrêtant à l’un d’eux, on veut s’aventurer un peu « hors des sentiers battus », c’est-à-dire faire une marche de quarante minutes depuis le centre-ville jusqu’à un belvédère. On demande notre direction et leur avis à deux policiers en faction sur la place centrale. Ils refusent de nous laisser partir seul et nous proposent de nous accompagner. Cela promet… Nous voilà donc à traverser le village avec notre escorte, armes à la ceinture, pour découvrir un point de vue sur la vallée. C’est rassurant sur le moment, mais inquiétant pour la suite. Qu’en est-il de toutes les fois où l’on a marché seul et toutes les fois où l’on voudra le faire… ? La faible distance entre les villes nous rend service. On a le temps de faire un dernier village puis de rentrer chez René.

Volcan Izalco, Santa Ana, El Salvador

Hydratation, Concepción de Ataco, Santa Ana, El Salvador

À Juayua a lieu tous les week-ends un festival gastronomique. On prend nos repères pour y retourner le lendemain, jour de fête. Nous en profitons pour aller nous tremper dans Los Chorros de La Calera, seul, n’ayant croisé ni policier ni office du tourisme. On aura bien croisé deux, trois touristes en revenant, mais une fois sur place, personne, si ce n’est ces trois « travailleurs ». Comme on s’en doutait, le lieu a beau être magnifique avec une végétation luxuriante et sa tripotée de cascades, le sentiment d’insécurité prend le dessus. Nous n’arrivons pas à profiter pleinement du lieu. Il est temps de rentrer. Le « vigile » nous attend, machette à la main, pour se faire payer le parking. C’en est fini pour nous, on se contente désormais des lieux touristiques, et ici ils ne font pas légions.

Assado, Feria Gastronomia, JuayuaJRuta de la Flores, Santa Ana, El Salvador

On retourne donc le jour suivant dans ce village y profiter de la gastronomie salvadorienne. Légère déception. On nous avait vendu des cuisses de grenouille, de l’iguane, du serpent, on n’y trouvera certes des grillades mais rien de nouveau. On se laisse malgré tout tenter par de délicieuses Riguas, un gâteau au fromage frais et coco, particulièrement savoureux. On ne sera pas venu pour rien. On se remet en route et quittons cette Ruta de las flores qui ne nous a rien montré de si floral que cela. On met le cap plein sud, vers la plage de El Tunco, haut lieu touristique, où les surfeurs viennent s’entrainer sur les houles du Pacifique. La route côtière empruntée longe les falaises accidentées. On sent que l’on a gagné près de dix degrés et l'on se demande alors comment allons-nous pouvoir dormir dans la voiture avec cette température étouffante.

El Tunco, La Libertad, El Salvador

El Tunco, La Libertad, El Salvador

Une fois sur place c’est gringoland comme ils disent là-bas. Une nuée de blancs a envahi les rues. L’espagnol est noyé dans le flot d’anglais. Bars, hôtels et restaurants de plage se côtoient. On est bien loin des autres sites précédemment visités. De luxueux resorts et all-inclusive font face à la mer. Pour nous qui ne comptons y rester que quelques jours, cela nous convient parfaitement. Un peu de quiétude après ces derniers jours sur le qui-vive. Nous allons pouvoir nous décrisper et nous mettre les pieds en éventail. Distant d’à peine cinquante kilomètres de la capitale, la ville est assiégée les fins de semaine par des locaux venant se mettre à la fraiche. On arrive un samedi soir, les bars et restaurants sont bondés. On profite des vagues, de la fraicheur de l’eau et des parasols des resorts. Le dimanche est un tout autre monde. Tous les bars ou presque sont fermés ou vides. On passera donc une seconde nuit dans notre camping privé, ou plutôt parking, cette fois-ci sans le bruit assourdissant des discothèques.

El Tunco, La Libertad, El Salvador

On s’accorde un dernier stop avant de prendre la route pour le Honduras voisin. Un Couchsurfing dans la banlieue de San Salvador doit nous héberger dans sa finca organique. On s’arrête en chemin au port de la Libertad où l’on peut y admirer la fraicheur du poisson. Sur le ponton, les barques sont directement montées pleines de la pêche du jour pour y vendre leur marchandise. Raie, requin, poulpe et crevette, ne reste plus qu’à choisir. On s’essayera au ceviche mixte de poissons et crevettes et on prendra un supplément de ces dernières pour les faire griller le soir même.

Après quelques difficultés à trouver la ferme, on se rend compte que les propriétaires ne sont pas là. Des adolescents nous accueillent et sont chargés du lieu durant l’absence des responsables. Peu importe, l’ambiance à l’air conviviale. Ici, ils vivent de la permaculture. Ils suivent les cycles lunaires et cela semble porter ses fruits. Ils profitent de la richesse de la terre et du climat pour y faire pousser avocats, tomates, mangues, carottes et toutes sortes d’herbes aromatiques.  Aucun pesticide, tout est naturellement organique. Ils s’autosuffisent et ne vont au marché que pour acheter ou troquer ce qu’ils ne sont pas capables d’obtenir grâce au jardin.

On passera deux jours avec cette fine équipe. Ils sont en permanence entre trois et dix à y travailler. On jardine avec eux quelques heures et eux nous offrent le toit. Aucune obligation, mais l’envie d’apprendre à leurs côtés est plus forte que notre oisiveté habituelle. On creuse, on plante, on déterre, arrose. Ça parle anglais, français, espagnol, allemand. Ils nous racontent leurs parcours. On tombe des nues quand Cristofer nous raconte que, pour le moment, il ne peut pas finir son baccalauréat et poursuivre dans des études culinaires, car il se fait chasser de tous les lycées où il étudie par les Maras qui ni veulent pas de lui dans leur secteur. Après quatre tentatives dans plusieurs établissements, il fait une pause. Ils vivent vraiment dans un autre univers. Avec toute cette abnégation, on est sûr qu’il réussira. On s’estime chanceux de notre système éducatif.
Pour les remercier de leur accueil on s’en va faire des courses pour se lancer dans une pupusa party. Tout le monde met la main à la pâte autour du grand chaudron. On agrémente le tout de légumes et herbes du jardin, et l’on sert cela avec la traditionnelle salade de choux pimentée au vinaigre. Un grand festin pour les travailleurs. Nous clôturerons cette soirée Salvadorienne autour d'un grand feu, les quelques musiciens accompagnent ce moment magique, discussion de groupe et cérémonie du cacao parferons le moment. L’établissement est plus qu’une ferme, c’est une véritable école de la vie où les jeunes, souvent défavorisés, apprennent l’anglais au contact des étrangers, l’espagnol pour les plus en difficultés, mais surtout les valeurs de la vie, autre que celles inculquées par les gangs. L’argent ne tombe pas du ciel. Faire partie d’un cartel ça peut rapporter, mais cela peut aussi coûter la vie comme les ados nous l’expliquent.

On termine notre virée dans ce pays inattendu sur une surprenante bonne note. On est content d’avoir su braver les guides de voyage et conseils d’ambassade, même si on ne se sera pas toujours senti des plus à l’aise. Le pays mérite, de par la bonne humeur de ses locaux, ses paysages et sa gastronomie, d’être débarrassé de ces gangs qui pourrissent la vie de sa population et de pouvoir profiter de la richesse qu’il a à offrir, avant tout pour lui-même, mais aussi un peu pour nous, touristes.

Place maintenant au voisin, le Honduras, qui ne jouit pas d’une bien meilleure réputation à l’international. À peine avons-nous franchi la douane que nous faisons notre première erreur tactique, la station-service ne prenant pas la carte de crédit nous voilà dépouillés de nos derniers dollars. Il nous en faut trente-cinq pour les frais de douane, nous n'en avons que trente-deux. Bien évidemment pas de distributeur à la frontière, ce serait trop facile. On parle avec la douanière, lui faisons les yeux doux, on parlemente. Elle finira par nous délivrer le graal en mettant de sa poche les trois dollars manquants. On n’en revient toujours pas de son geste, mais de toute manière on ne pouvait pas faire machine arrière et retourner au Salvador tirer quelques dollars. Nos premiers pas dans le pays commencent bien. Par contre, nous voilà à sec, sans ATM à moins de cent kilomètres dans un pays où les contrôles routiers « aléatoires » sont légion. À voir comment on s’en sortirait cette fois. On ne fait pas deux cents mètres depuis le poste-frontière que l’on se fait arrêter. Il nous demande, comme on le savait, de leur montrer gilets, triangles, bandes réfléchissantes et extincteur. Évidemment, nous n’avons rien de tout cela, ni de quoi donné un bakchich au policier averti. Nous essayions un ATM hors service et revenons le voir, sans avoir les poches plus remplies. Il n’y va pas par quatre chemin et demande si on n’a pas un petit quelque chose pour la brigade… Commence alors de nouvelles négociations. Soit il nous donne une amende d’une centaine de dollars, nous retire notre permis que la banque nous rendra à réception du paiement, soit on trouve un arrangement. On lui propose de nous accompagner, dans le coffre de la voiture, jusqu’au prochain ATM pour tirer de l’argent, mais cette solution, étonnamment, ne l’emballe pas. On passe en revue ce qu’on pourrait lui offrir. Les boites de thon n’ont pas plus de succès. Débute alors une scène surréaliste. Il voit sur le tableau de bord une lampe torche. Il l’a prend, l’allume, joue avec comme un enfant avec son cadeau de noël. Après quelques essais, il nous la rend et nous souhaite une bonne continuation. Nous n'en revenons pas, mais le pire est passé. Ne reste plus qu’à espère de ne pas en croiser d’autres.

Playa Cedeño, Choluteca, Honduras

Jaime, Playa Cedeño, Choluteca, Honduras

On a décidé de passer deux nuits en Couchsurfing en Honduras afin d’avoir une expérience de vie et de ne pas juste traverser le pays en catimini. Jaime nous accueille à Choluteca, la capitale du département, à quelques kilomètres à peine du golfe de Fonseca. Excellent choix, tant humain que géographique. Avec un ami à lui on fait le tour de la ville et goutons aux traditionnels Baleadas, tortilla de maïs fourrée d’une purée de frijoles et fromages. Jaime nous ouvre les portes de son chez lui qu’il partage avec son père hondurien et sa mère de Valence. Ils nous font nous sentir comme à la maison. Le lendemain matin nous avons même le droit à des crêpes, à croire qu’ils savaient qu’une Bretonne allait arriver... Avec Jaime on file tous les trois à la plage de Cedeño. Notre glacière pleine de bières accompagnera notre journée farniente. Ceviche de palourdes, dulce de coco, eau de coco et coucher de soleil avec en toile de fond les volcans du Salvador, du Honduras et du Nicaragua seront également de la partie. Absolument parfait pour un premier aperçu du pays.

Une prochaine fois, un autre voyage. Nous irons à sa découverte. Entre ses iles paradisiaques où la plongée ne vaut pas plus qu’un pichet de bière en happy hour chez nous, ses parcs nationaux aux nombreuses randonnées, ses forêts et ses ruines archéologiques de Copán, le pays à beaucoup à offrir à tous. Ces quelques moments nous auront mis en appétit, mais on en garde pour une prochaine fois. Laissons du temps au temps. Léon et le volontariat nous appellent. Nous allons enfin pouvoir défaire nos bagages et nous poser plus de nuits quelques part. On a hâte de voir ce que cela va donner !