Guatemala, une traversée haute en couleur

Nous vous avions laissé sans-le-sou, la voiture en piteux état, à Panajachel, sur les bords du lac Atitlá. Eh bien, la situation n’a pas beaucoup évolué. La maman de Romain a malgré tout réussi à nous faire parvenir un mandat Western Union. Nous voilà avec quelques billets verts dans la poche, de quoi nous faire tenir le temps de recevoir nos cartes de crédit. Après avoir quémandé des connexions internet à tous les bars et restaurants du coin, on fait de même avec les hôtels afin d'obtenir une adresse pour réceptionner les colis bancaires. Il est maintenant grand temps d’aller explorer un peu plus les alentours du lac et la belle région de Sololá.

Lac Atitlán, Sololá, Guatemala

On ne se laisse pas aller et décidons de profiter du magnifique lieu qui s’offre à nous, le plus grand lac du Guatemala, entouré de volcans et de villages pittoresques à flanc de montagne. On part se changer les idées en randonnée jusqu’à Santa Catarina Palopo et San Antonio Palopo, villages réputés pour leur artisanats. Encore plus qu’au Mexique, déjà bien traditionnel, les Guatémaltèques sont en grande partie vêtus traditionnellement, femmes comme hommes. Ces derniers sont particulièrement photogéniques avec leurs chapeaux de cowboys et leurs pagnes multicolores. Sur le chemin du retour, on tombera sur un enterrement. On se fraie un passage entre la fanfare assourdissante et l’épaisse fumée d’encens enrobant le cortège de rue.

Suite à cet après-midi de balade au bord du lac, dans les routes de montagnes, on se remet à notre jeu hebdomadaire, tout au mieux, trouver une douche, histoire de ressembler un peu moins à des vagabonds, que nous sommes finalement. C’est vrai que, pour le moment, nous sommes toujours les poches vides et maintenant moites et crasseux. Aucun de tous ces points ne nous dérange particulièrement, mais dormir sans avoir les draps qui collent à la peau est un plaisir que l’on essaie de se procurer le plus souvent possible. Se laver dans le lac étant impossible, car à proximité de la ville et donc avec trop de monde, de vent et de déchets. Dans ce cas on sort la carte gringo. On s’explique. Dans la plupart des villes touristiques il y a toujours un gros hôtel luxueux pour les vacanciers désirant confort et service All-inclusive, avec nos gueules de blanc tout mignon, généralement cela ne pose pas de problème pour passer la sécurité. Il ne reste dès lors qu’à trouver la douche. Petits plus de celui de Panajachel, la piscine, le jacuzzi et le sauna. On vous taira la suite par pudeur…

Nous sommes samedi, la ville est animée. Des stands de bouffe ont pris possession de la rue, des voyageurs tentent de vendre des babioles pour se refaire une santé financière, d’autres jouent de la musique ou font des prouesses de cirque. Le lieu est agréable, varié, on ne regrette pas ce choix fait bien malgré nous. On rythme notre journée entre balade dans la ville, marché et promenades autour du lac. Sur les recommandations de l’agence de tourisme de la ville, on s’en va prendre une barque qui relie les villages du bord du lac pour y emprunter une sorte de chemin des douaniers qui relient les différents villages. Malgré le soleil écrasant, et, pour une fois, pas de nuage sur les volcans pour nous gâcher la vue. La randonnée est des plus agréables tant pour le paysage que pour le sentier. Après des mois cantonnés à des balades en ville ou sur la plage, pouvoir enfin marcher ainsi, seuls, en pleine nature est un véritable plaisir. On se voit déjà planifier un GR en Corse ou dans le sud de la France.

Lac Atitlán, Sololá, Guatemala

Notre joie est de courte durée quand on se rend compte que l’on nous a subtilement subtilisé nos petits sacs à dos en faisant une pause ravitaillement dans une tienda. Moment d’inattention fatal dans ce genre d’endroit. On nous avait dit que le Guatemala était superbe, magnifique, exceptionnel et plein d’autres superlatifs, mais qu’il restait tout de même un pays à risque où le touriste peut être la cible de gens sans scrupule. On sent que le pays a une dent contre nous, et cela commence à être réciproque. On repart prendre le bateau, les épaules légères comme jamais. Adieu le bel IPad durement gagné chez Desjardins, bye-bye les maillots de bain à fleurs. Ce qui nous a le plus peiné dans tout cela est la perte du melon cantaloup que nous avions acheté exprès pour accompagner le jambon de Bayonne ramené par les parents de Romain au Yucatan, mais surtout le journal de bord qu’Hélène écrit tous les jours depuis notre départ de Montréal, enfin dans le cas où elle est assidue. On se contentera de souvenir dans nos mémoires concernant les vingt derniers jours. On retourne donc sur terre en demandant la charité au lanchero. Une fois de plus on se retrouve dans un commissariat à faire notre déposition. On commence à être rodé sur les démarches. Le sort ne peut pas s’acharner ainsi, il doit bien arriver un moment où la chance va tourner !

Panajchel, Lac Atitlán, Sololá, Guatemala

Marché de Sololá, Guatemala

Quoi de mieux pour se remonter le moral que de la nourriture. Chichicastenango est plus qu’un nom à dormir dehors, c’est aussi le plus grand marché à ciel ouvert d’Amérique centrale. On trouve absolument de tout, du boudin maison aux fruits exotiques, du tamal au poulet frit. Le marché s’étend de part et d’autre de la ville, entre des églises somptueuses où s’officient des messes indigènes aux odeurs d’encens, et d’un cimetière multicolore. Touristes avec leurs appareils photo collés aux yeux et locaux traditionnels se côtoient. Ils ne cessent de nous éblouir avec leurs magnifiques tissus pourpres agrémentés de jaune, bleu et vert, le paradis des paparazzis. Leur bonne humeur, leur sourire et leur envie de nous faire découvrir leurs produits nous font presque oublier nos mésaventures passées. On se perd dans les méandres des ruelles, mais on arrive malgré tout à se repérer grâce aux fumets des comedores. On ne sait plus où donner de la tête. Comme à chaque fois on se laisse tenter, hier tayuya, aujourd’hui tamalito et demain ? Quien sabe. Pour cela on poursuit notre orgie au marché de Sololá. Beaucoup moins renommé, donc moins touristique, il n’en est pas moins intéressant. On le préfèrera même à celui de Chichi d’où des tours opérateurs y envoient leur bus. Plus populaire et authentique, on se met à faire comme les locaux quand on se rend compte du double prix appliqué par les vendeurs. On observe, on écoute, on marchande. Parfois surpris, des fois énervés, souvent amusés, les vendeurs jouent le jeu.

On profite d’être stationné à Panajachel pour faire réparer la voiture, une énième fois. Cette fois c’est l’alternateur qui est défectueux, le roulement est mort. Alors qu’un premier garage nous proposait de le faire pour 2000 Quetzal, le second nous facture 400 Quetzal. Bonne affaire. Serait-ce un vent favorable en notre faveur… Dans ce même garage on croise des Français comme nous, partis de Montréal et y ayant acheté une voiture sans aucune connaissance en mécanique, comme nous ! Dans leur gros van ils sillonnent les routes depuis près d’un an direction Ushuaïa. On rencontrera également des Espagnols voyageant dans le même sens que nous. On s’échange les plans pour la suite et on partage les appréhensions pour la traversé des pays voisins, les tristement célèbres Honduras et El Salvador…

Panajchel, Lac Atitlán, Sololá, Guatemala

Panajchel, Lac Atitlán, Sololá, Guatemala

Taqueria los Tres Tiempo, marché de Chichicastenango, Sololá, Guatemala

Panajachel aura été rythmé pour nous par les taquerias Tres Tiempo, ces échoppes où l’on concocte des tortillas à longueur de journée. En marchant dans les rues, on se demandait pourquoi il y avait toujours des gens qui applaudissaient. La réponse était sous nos yeux. Des femmes passent leurs journées à confectionner ces petites galettes de maïs, matin, midi et soir en frappant la pâte entre leurs mains. Les trois temps tombent à pic, on en mange le matin avec du miel et des fruits, le midi avec le guacamole ou la salade et le soir avec la soupe. On ne peut plus s’en passer. C’est bien beau tout cela, mais après dix jours ici on commence à tourner en rond. On reçoit notre première carte de crédit, signe qu’il est temps de mettre les voiles, quitte à y retourner une seconde fois, enfin plutôt septième fois...

Volcan Santa Ana, Quetzaltenango, Guatemala

On met le cap vers Quetzaltenango, Xela pour les intimes. En route nous faisons halte à San Francisco el Alto pour son marché qui a la particularité de vendre toutes sortes d’animaux, enfin selon le guide, car à part des porcelets et quelques poussins fluorescents nous ne verrons rien d’exotique. Le second village, San Andrés Xecul, héberge une magnifique église jaune avec un dôme multicolore. Xela, la capitale de l’état, est une assez grande ville, plaisante de par le climat tempéré, son centre-ville animé et toutes ses montagnes et lagunes à proximité. Ses rues pavées, ses églises et bâtiments anciens lui donne beaucoup de charme. Les étudiants étrangers ne s’y sont pas trompé, ils viennent s’y installer pour y apprendre l’espagnol. Pour ce nouveau CouchSurfing on atterrit chez Nestor, ou plutôt dans son studio de danse. Ce professeur de salsa, merengue, hip-hop, bachata ne s’arrête jamais. Il enchaine ses cours au studio et des leçons dans les bars et clubs de la région. On s’y essayera, sans véritable succès, mais l’envie d’apprendre est là. On passe la soirée avec deux autres Couchsurfeurs, un italien et un guatémaltèque, avec lesquels on partage une bonne plâtrée de pâte, quelques bières et des conseils de voyage. On apprend que dans quelques jours a lieu non loin d’ici le plus grand carnaval de tout le pays. Nelson doit s’y produire avec sa classe de danse. On a du temps et ce n’est pas si loin. On l’ajoute donc dans notre liste.

Dans les rues de Xela, Quetzaltenango, Guatemala

Mais avant cela nous allons profiter de la nature nous entourant. On part aux aurores escalader le volcan de Santa Maria. Le jour n’est pas encore levé quand nous arrivons au début du trek. Aucun touriste à l’horizon si ce n’est deux filles accompagnées d’un guide et de deux policiers armés, mais ne se rendant pas au même sommet que nous. On se joint à un groupe de locaux pour l’ascension. Ils ont entre six et soixante ans. Les mères de quatorze à cinquante ans randonnent pied nu, en habit traditionnel, leurs enfants sur le dos. Alors que la fatigue commence à se faire sentir dans la montée, les voir grimper avec une telle dextérité malgré leur accoutrement nous retire l’envie de nous plaindre. Ils montent ainsi plusieurs fois par mois pour y pratiquer des rituels religieux apportant avec eux fleurs et autres offrandes. Une fois en haut, à près de 3772 mètres d’altitude, les cérémonies peuvent commencer. Un prêtre fait l’office, remercie Dieu pour toutes les bonnes choses, mais aussi les mauvaises. S’en suit un long moment de lamentations accompagnées de pleurs et de cris voire de transe pour certains. L’ambiance en devient pesante tant c’est intense. La vue avec ses volcans et sa campagne au loin est somptueuse. Il est possible d’y camper la nuit, et, avec, chance, de voir couler la lave des volcans aux alentours. On envie ces chanceux, nous nous montrerons moins téméraires et rebroussons chemin.

Au sommet du volcan Santa Ana,   Quetzaltenango,   Guatemala

Au sommet du volcan Santa Ana, Quetzaltenango, Guatemala

Pain de maïs, marché de Xela, Quetzaltenango, Guatemala

Comme d’habitude on s’en va reprendre des forces au marché. Rien de tel qu’un bon repas pour se remettre de ces émotions. On jette notre dévolu sur ces jolies petites mignonnes boules de friture servies avec une sauce miel et cannelle, les buñuelos. Un délice de gras. Rien à envier aux churros. Le marché principal de la ville est énorme. On se laisse tenter par un rellenito de platano et un gâteau de maïs cuit au feu de bois. Bref, on a envie de tout parce qu’à chaque fois c’est une bonne surprise. On pensait être déçu de la diversité culinaire du pays après la richesse du Mexique, mais, bien au contraire, on est surpris de plat en plat. C’est souvent frit, mais qu’importe, ça semble être du bon gras. De retour au studio de danse on se lance dans la confection d’un Caldo de Res pour remercier notre hôte de son accueil. Le plat ressemble à un pot au feu, les épices et les légumes sont un peu différents, mais la base est la même. On est plutôt content de notre essai.

On quitte cette ville pleine de vie pour aller s’encanailler au carnaval de Mazatenango où nous avons prévu de retrouver nos trois collègues de Xela. Pour se relaxer on s’accorde un stop au Fuentes Georginas où coulent des sources d’eau chauffées par la puissance des volcans. La détente est totale. On y passerait bien des heures et des heures si l’eau n’était pas si chaude et notre peau si flétrie. Un bon coup de carnaval nous remettra d’aplomb.

Des panneaux promotionnels pour de la bière jalonnent la route vers le centre-ville, on ne s’est pas trompé, la fête a bien lieu ici. On s’est rapproché de la côte et le changement de température se faire ressentir. La chaleur est écrasante, la circulation bruyante et asphyxiante. On ne se sent pas particulièrement à l’aise avec les regards qui se posent sur nous, les seuls blancs de la ville, enfin plutôt sur Hélène. On trouve un endroit parfait pour passer la nuit. Un parking partagé par une banque et un McDonald. On a à la fois la sécurité de l’institution financière et le WiFi du fastfood. Le lendemain matin c’est jour de carnaval. Alors que l’on s’attendait à voir des chars immenses avec des danseurs professionnels, déguisés  et maquillés ainsi que des fanfares, à l’image de ce qu’on imagine de celui de Rio de Janeiro. C’est plutôt une kermesse de rue où les enfants des écoles du pays défilent dans la rue. On a également le droit de voir des mini miss, très « élégamment » vêtues, à leur sourire crispé, on voit qu’elles ne semblent pas prendre tant de plaisir que cela. On les comprend, sous cette canicule, sans un brin d’ombre, on sue déjà à grosses gouttes et il n’est que dix heures. Le premier spectacle fini on rentre à la maison profiter de la climatisation du McDonald. Lorsque l’on ressort pour aller écouter le concert, le deuxième spectacle a déjà commencé. La rue du défilé est jonchée de déchets en tous genres, plastique, bouteilles de bière et ivrognes insistants. Encore une fois on ne sent pas à l’aise. Les trois bagarres croisées pour se rendre au parc n’aident pas non plus. On fait rapidement le tour des lieux. Des énormes tacos frits, des churros gigantesques et, bien évidemment, de la bière à profusion. Un groupe de bachata joue sur scène, l’ambiance y est décontracté, mais un peu pesante. Hélène enchaine les sifflets et remarques, pourtant au bras de son protecteur. Cette quatrième bagarre à quelques mètres de nous sera de trop. On décampe. Nous ne sommes pas venus ici pour donner une leçon de courtoisie à ces Guatémaltèques. Nous nous retirons en toute discrétion. L’expérience aura été intéressante, mais y rester la matinée aurait probablement suffi.

On finit en beauté notre séjour avec la magnifique Antigua, ville emblématique même si elle n’a rien de représentatif du reste du pays. Ses rues pavées, ses belles églises, ses parcs et son climat tempéré nous ravissent après ces quelques jours dans la fournaise. Un peu comme à Xela, la ville est entourée de volcans, qui, pour notre plus grand bonheur, se sont réveillés quelques jours plus tôt. Ne reste plus qu’à choisir le nôtre. Tous les tours nous conseillent l’Acatenango qui fait face au Volcan de Fuego qui est entré en éruption. Ni une ni deux notre choix est fait. On réserve pour la première fois depuis notre départ une excursion touristique. On ne se voyait pas randonner seul pour atteindre le sommet du volcan et y passer la nuit. Entre les sentiers non indiqués et le mauvais équipement de camping dont nous disposons, cela aurait été possible, mais pas forcément des plus agréable. On s’offre ainsi le luxe de ne penser à rien d’autre que l’ascension. Pour se mettre dans l’ambiance, la veille on grimpe en voiture au sommet de San Cristóbal El Alto. On y profite du coucher du soleil et du point de vue sur le volcan que nous allons grimper demain. On y voit de loin des fumerolles et une fois la nuit tombée, des coulées de lave qui brillent dans l’obscurité telles des bougies. On a hâte de s’en approcher !

Comme d’habitude nous sortons notre popote sur la place centrale, une mamita vient nous aborder et nous raconte qu’avec la rigueur de l’hiver actuelle son commerce est en chute libre. Quelques minutes plus tard, un autre local vient la remplacer, c’est un tout autre type. Lui est plutôt un business man. Il ne parle qu’argent, diplôme, étude, succès. Il veut même se mettre au cinéma, car il aime jouer, mais que le théâtre ne rapporte pas assez selon lui. Nous irons boire une bière avec lui profitant ainsi du feu de cheminée et d’une soirée spéciale open mic. Mais passé dix heures nous nous montrons raisonnables et allons-nous coucher, car demain nous avons un volcan à gravir.

Vue sur le volcan de Agua, Volcan Acatenango, Antigua, Guatemala

Nous pensions être cinq, nous serons dix de plus avec deux guides. Le groupe est composé d’une majorité d’Européens et de quelques Israéliens. Le rythme de la montée est soutenu, mais les pauses sont fréquentes. On n’avait plus l’habitude de randonner ainsi, qui plus est avec un sac à dos de soixante litres sur les épaules. On en bave un peu, mais après cinq heures de souffrance nous voilà arrivés au camp de base pour la nuit. La vue est grandiose, on a hâte que le volcan se réveille de nouveau et de voir ce spectacle unique. On mange autour du feu, en bonnet, gant, doudoune, sous-pull, polaire. On se croirait presque revenu au Québec ou dans les canyons. La bouteille de whisky et la fiole de ti-punch aident à nous réchauffer avant de filer dans le duvet. Pas d’éruption ce soir. On croise les doigts pour demain.

Emmitoufler sous nos cinq couches de vêtement on se réveille tant bien que mal à quatre heures du matin. Le café nous réchauffe un peu. Coup de chance, l’apothéose du périple, le volcan se réveille en même temps que nous. On le voit propulser de la lave, là-haut, dans le ciel. Nous sommes aux anges. C’est bon, on peut redescendre. Juste pour la forme on s’en ira voir le lever de soleil au sommet de la montagne. Le clou du spectacle au-dessus des nuages, montagnes et volcans aux fumeroles. Le dégradé dans le ciel est magnifique. Le principe du lever de soleil a beau être le même partout dans le monde, depuis la nuit des temps, on ne s’en lasse et lassera jamais. Maintenant que l’on a vidé nos sacs de tous ces litres d’eau et ces quelques piteux sandwiches au subtil mélange mayo/salade, il est temps de dévaler la montagne. Ça a du bon de temps en temps ces activités de groupe. Cela nous permet de rencontrer d’autres voyageurs et de partager nos expériences de vie.

Fin du trek, Volcan Acatenango, Antigua, Guatemala

De retour à Antigua les choses s’enchainent plutôt bien. On récupère notre seconde carte de crédit. On reçoit même un mail d’une personne à Panajachel ayant récupéré notre portefeuille égaré. Que de bonnes nouvelles ! Et, coup de chance, le soir même, un hôte CouchSurfing nous invite chez elle à son anniversaire. On va pouvoir fêter tous ces heureux évènements et la fin du Guatemala comme il se doit. Bien évidemment le Botran, rhum traditionnel du pays est de la partie.

Le palacio, Antigua, Guatemala

Iglesia de Nuestra Señora del Carmen, Antigua, Guatemala

On enchaine nos balades dans la ville entre églises et bâtiments coloniaux. Chacune de ces marches sera ponctuée par une visite au musée du chocolat et ses dégustations à n’en plus finir. C’est comme les levers de soleil, on ne s’en lasse pas, quelle que soit l’heure de la journée. On accompagne souvent cela de petites pâtisseries du marché municipal. On y mange pour trois sous et pour nous faciliter le choix dans les plats, ils sont tous exposés, ne reste plus qu’à choisir. On se questionne sur la fraîcheur des produits, mais, peu importe, cela donne envie et nos estomacs sont maintenant entraînés à toute sortes de nourritures. On y goutera quelques plats encore inconnus dont le national pepian et relleno. Pour compléter notre bizutage gastronomique, le soir des fins de semaines, sur le parvis de l’église, des stands de bouffe se sont montés. Des grillades à n’en plus finir et des pupusas, ces tortillas fourrées au fromage, chicharron et frijoles. Pour le dessert, après le mole poblano mexicain on s’attaque au mole de platano guatémaltèque. Des bananes plantains frites et plongées dans une sauce chocolat épicée, un délice ! Le plat est énorme, mais pas de quoi faire peur à nos estomacs sans fond. On conclura par une visite dans une ferme de production organique de noix de macadamia. Il y en a partout, ne reste plus qu’à se baisser pour les déguster. On se fait un petit plaisir en s’offrant des pancakes à la farine de macadamia nappé de beurre de macadamia et de miel local. On en salive encore rien que d’y penser.

Antigua, Guatemala 

Antigua ce n’est pas que cela, c’est aussi et surtout un haut lieu culturel. De somptueuses églises de part et d’autre de la ville. Pendant notre séjour a lieu le début du carême. Cela commence par la veillée et se termine par la procession. Les défilés s’enchainent dans la ville. Les gens sont vêtus avec des tuniques semblables à celles du KuKluxKlan, mais en violet. D’autres sont vêtus en Romain comme à l’époque de la crucifixion du Christ. Les locaux réalisent de grandes offrandes de fleurs et de fruits, ornant ainsi les rues qui seront plus tard piétinées par le cortège. Celui-ci est composé d’une dizaine de personnes transportant une énorme plateforme représentant des scènes de la bible. Elle parait excessivement lourde et semble être un supplice pour les porteurs. La ville est enfumée d’encens et les maisons sont ornées de fanions de couleur pourpre. C’est beau, tout en couleur, en solanelité et en musique, à l’image du peuple guatémaltèque. Un moment fort pour la communauté locale très croyante, mais aussi pour nous avec nos yeux de néophytes. La touche finale à notre périple fort en rebondissement. Tout est bien qui finit bien.

Ce pays dont on attendait tant se sera montré capricieux avec nous. Mais à force de persévérance on aura réussi à le dompter tant bien que mal, et à en profiter de tous ses trésors. Que ce soit culinaire, culturel ou naturel, le Guatemala n’a cessé de nous enchanter. Certes ce n’est pas le pays le plus sûr d’Amérique Centrale, mais il faut savoir s’adapter quand on voyage. On ne regrette en rien ces trois semaines ici, bien au contraire, et nous ne pouvons que vous le recommander. Maintenant il est temps de traverser le El Salvador et Honduras, ces pays à la réputation qui laisse à désirer…